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Moyen Orient et Monde - Portraits

Cameron II : nouveau mandat, nouveau discours

Le Premier ministre britannique David Cameron et sa femme Samantha à leur arrive au 10 Downing street. Leon Neal/AFP

David Cameron a défié les pronostics et ceux qui l'accusaient d'indolence avec une victoire aux législatives qui l'a spectaculairement conforté, même si nombre d'experts lui prédisent des temps difficiles en raison notamment de la bombe à retardement du Brexit dont il a lui-même allumé la mèche.
Avant même la fin du dépouillement, le Premier ministre sortant, assuré de pouvoir former un nouveau gouvernement sans solliciter le renfort de partis tiers, a promis « un futur meilleur pour tout le monde », accompagnant son propos d'une remarque désobligeante à l'adresse des sondages unanimes depuis six mois à pronostiquer son naufrage. « L'absence de coalition permet de récompenser un nombre bien plus important de députés de son camp », a souligné Tony Travers, de la London School of Economics (LSE). De quoi amadouer la droite eurosceptique de son parti Tory, qui a très mal vécu l'attribution de nombreux portefeuilles à des libéraux-démocrates europhiles et de centre gauche, au sein du gouvernement Cameron I.
Dans son discours de victoire hier, le plus jeune résident du 10 Downing Street depuis deux siècles a retrouvé des accents de « libéral conservateur », ainsi qu'il aime à se présenter. Il a semblé prendre acte des critiques formulées par ses adversaires en cours de campagne. Ils l'ont accusé d'avoir redressé l'économie du pays au prix d'un creusement des inégalités et lui ont reproché les dégâts collatéraux pour les Britanniques de l'austérité, un mot qu'il évite, préférant l'euphémisme « décisions difficiles ». « Emplois », « apprentissage », « logement », « dignité », « écoles performantes », Cameron II a émaillé son propos de préoccupations sociales. Mais il a surtout confirmé d'emblée sa promesse de convier par référendum les Britanniques à se prononcer pour ou contre le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, une question qui a conduit les tories à s'entre-déchirer au cours des dernières décennies. En outre, M. Cameron devra aussi freiner les ardeurs indépendantistes des Écossais.
Le patricien de 48 ans a subitement changé de body language et de langage tout court dix jours avant le scrutin. Finie la communication aseptisée. Le nouveau discours offensif sur le thème du « moi ou le chaos » a été martelé poings serrés et mâchoire crispée. « J'ai l'impression que, parfois, certaines personnes jugent que je suis un peu trop... comment dire... trop décontracté. Ce n'est pas mon sentiment, et ce n'est pas ce que je suis », s'est-il étonné auprès du magazine The Economist.

Denis HIAULT/AFP

David Cameron a défié les pronostics et ceux qui l'accusaient d'indolence avec une victoire aux législatives qui l'a spectaculairement conforté, même si nombre d'experts lui prédisent des temps difficiles en raison notamment de la bombe à retardement du Brexit dont il a lui-même allumé la mèche.Avant même la fin du dépouillement, le Premier ministre sortant, assuré de pouvoir former un nouveau gouvernement sans solliciter le renfort de partis tiers, a promis « un futur meilleur pour tout le monde », accompagnant son propos d'une remarque désobligeante à l'adresse des sondages unanimes depuis six mois à pronostiquer son naufrage. « L'absence de coalition permet de récompenser un nombre bien plus important de députés de son camp », a souligné Tony Travers, de la London School of Economics (LSE). De quoi amadouer...
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