Le recul des prix du pétrole amorcé à la mi-2014 a mis en évidence un excès d'offre mondial. La décision de l'Arabie saoudite en novembre 2014 de ne pas couper sa production afin de défendre ses parts de marché suggère que cette situation est là pour durer. Il est difficile de dire quel sera le point final vu la volatilité des prix (le Brent a perdu 50 % au S2 2014, puis regagné 22 % ytd) mais, pour le secteur pétrolier US qui connaissait une croissance exponentielle depuis quelques années, il est déjà évident que le choc est brutal. Les statistiques de nouveaux puits de forage montrent que cette récession pétrolière est d'une sévérité comparable à celles observées lors d'autres épisodes de chute des prix, en 1986 et en 2008. Les dépenses d'investissement sont drastiquement coupées et cela a coûté 0,6 point de croissance du PIB au T1 2015. Les précédents historiques suggèrent que l'impact négatif pourrait être de même amplitude au T2, mais serait quasiment nul ensuite.
Compte tenu de la concentration régionale du secteur, l'ensemble de l'économie n'est pas totalement mis à mal. L'effet sur l'emploi est assez limité. On peut estimer que la récession pétrolière a réduit les créations mensuelles d'emplois d'environ 10 000 au T1, sur un total de 200 000. Même au Texas, qui est le grand État pétrolier, le chômage était plus bas en mars qu'en novembre (4,2 % vs 4,6 %) et, à ce stade, la hausse des claims n'y est pas dramatique. Quant aux ramifications sur le secteur financier, il n'y a pas eu de cataclysme malgré l'endettement élevé des entreprises du secteur pétrolier (l'encours est d'environ 500Md$). Se dessine donc un scénario dans lequel la majeure partie de la baisse des prix reste acquise et où la production de pétrole ralentit, mais ne s'effondre pas. À terme, la baisse des investissements va s'arrêter et l'affermissement de la consommation résultant du gain de pouvoir d'achat prendra le relais. Dans un scénario où le prix du pétrole se stabilisait vers 70-80$, la Fed d'Atlanta estimait en décembre dernier que l'impact serait négatif la première année, mais s'inverserait ensuite. Vu les délais, cette inversion aurait lieu au S2 2015.
Cet article est réalisé par Fidus


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