"Nous commençons maintenant une série de discussions en tête-à-tête avec le plus grand nombre possible d'acteurs impliqués dans le conflit syrien afin de voir si un autre round de négociations est possible", a expliqué aux médias M. de Mistura.
Les discussions se feront sur 5 à 6 semaines, voire plus si nécessaire.
"Fin juin, (...) nous évaluerons la situation et déciderons de la prochaine étape", a poursuivi le médiateur de l'ONU.
Il a souligné à plusieurs reprises qu'il ne s'agit pas d'une troisième grande conférence internationale de Genève.
Soulignant l'urgence de la situation, M. de Mistura a estimé qu'il fallait "redoubler d'efforts" pour trouver une solution politique au conflit syrien qui est "la plus grave tragédie humanitaire depuis la seconde guerre mondiale en termes d'impact régional".
"La détermination" à résoudre la crise "ne doit jamais être abandonnée", a-t-il déclaré.
La première consultation doit avoir lieu mardi après-midi. Aucun détail n'a été publié.
Au total, l'envoyé spécial de l'ONU doit rencontrer les représentants du gouvernement syrien, ainsi que ceux de plus de quarante acteurs syriens et ceux d'une vingtaine d'acteurs régionaux et internationaux.
Parmi les Syriens qu'il doit rencontrer figurent "des acteurs politiques et militaires, des femmes, des victimes, (...), des chefs religieux et de communautés", ainsi que des représentants de la société civile et de la diaspora syrienne.
En plus des cinq membres du Conseil de sécurité, ont été invités les pays de la région ayant une influence sur les parties prenantes au conflit.
A ce titre, l'Iran, qui avait été exclu des deux conférences internationales sur la Syrie organisées par l'ONU en 2012 et 2014, a été invité. Tout comme l'Arabie Saoudite et la Turquie.
M. de Mistura a souligné que les groupes considérés comme terroristes par l'ONU, comme le Front Al-Nosra ou l'organisation Etat islamique, n'ont pas été conviés à Genève.
Les discussions ont pour objectif de voir si les protagonistes "sont prêts à passer (du stade) des consultations à des négociations" basées sur le communiqué de Genève du 30 juin 2012.
Le communiqué de Genève est un document signé par les grandes puissances le 30 juin 2012 comme plan de règlement politique du conflit, à l'issue de la première conférence internationale sur la question syrienne, appelée "Genève 1". Mais ce communiqué est resté lettre morte.
Et la conférence Genève 2, sous les auspices de l'ancien médiateur de l'ONU Lakhdar Brahimi, s'était achevée en février 2014 sur une impasse.
Débuté en mars 2011 par des manifestations anti-régime pacifiques réprimées dans le sang, le conflit en Syrie a dégénéré en une guerre civile complexe. Plus de 220.000 personnes sont mortes et plus de 11 millions ont fui leur foyer.
Ces consultations se feront en toute discrétion au Palais des Nations unies à Genève: les bureaux où elles se dérouleront seront bouclés par la sécurité.


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