Cent dix-neuf ans après Josef Fischer, vainqueur de la première édition en 1896, John Degenkolb a signé dimanche le deuxième succès allemand dans la course cycliste Paris-Roubaix, à l'issue d'un parcours magistral.
Pour s'imposer à Roubaix, trois semaines après sa victoire dans la Milan-Sanremo, l'Allemand a enlevé un sprint qui a réuni sept coureurs, de loin le plus rapide, ne laissant aucune chance au Tchèque Zdenek Stybar et au Belge Greg Van Avermaet. « On a contrôlé la course », a souligné Degenkolb, vigilant tout au long de la journée sans jamais prendre de risque superflu. Pas plus dans la traversée d'Arenberg, où le public a fait fête une nouvelle fois aux coureurs, que dans les secteurs de fin de parcours.
Le coureur de Giant, un ancien policier qui arbore une fine moustache, a dominé le final d'une grande intensité. Par son audace, quand il est parti en chasse à 10 kilomètres de l'arrivée derrière deux coureurs qui venaient de s'échapper (Lampaert et Van Avermaet), autant que par sa maîtrise, lorsque Stybar puis un groupe (Boom, Keukeleire, Elmiger) sont revenus avant l'entrée sur le vélodrome. « On a su s'économiser, s'est félicité Degenkolb. On a regardé comment ça se passait avant de se rapprocher de l'avant dans les derniers kilomètres. Mais, c'est le succès de toute une équipe. Si je le pouvais, je partagerais le pavé (le trophée remis au vainqueur). »
Deuxième l'an passé à Roubaix, mais à vingt secondes du Néerlandais Niki Terpstra (15e cette fois), l'Allemand a réalisé à l'âge de 26 ans ce qu'il a appelé « le plus grand rêve de toute ma carrière ». Stybar, qui s'est classé pour la troisième fois en trois ans dans les cinq premiers sur le vélodrome, l'a félicité : « John a fait un supersprint. Il était le plus fort. Bravo ! »
Pendant la course, une partie du peloton a été bloquée par un passage à niveau automatique qui s'est fermé avant le passage d'un TGV à 87 kilomètres de l'arrivée. De nombreux coureurs sont passés malgré le feu rouge – ce qui est interdit par le règlement – avant que les officiels de la course bloquent les autres concurrents. Les régulateurs postés devant le peloton ont ensuite temporisé afin que les retardataires puissent reprendre place dans le groupe. L'incident, spectaculaire, n'a pas réellement pesé sur la régularité de la course. Tout juste a-t-il octroyé un avantage supplémentaire, une vingtaine de secondes, aux courageux qui ont mené une longue échappée de 200 kilomètres.
(Source : AFP)

