À la suite des propos du chef du bloc parlementaire du Hezbollah, le député Mohammad Raad, qui avait répondu jeudi au communiqué du chef du courant du Futur, Saad Hariri, sur la question de l'intervention de l'Arabie saoudite au Yémen, c'était au tour du secrétaire général du courant du Futur, Ahmad Hariri, de réagir hier en tirant tous azimuts contre le Hezbollah, l'accusant notamment d'exactions continues contre le peuple libanais.
Réfutant d'abord en bloc « toutes les allégations erronées de Raad présentées comme des vérités », M. Ahmad Hariri les a décryptées pour y répondre dans le détail. Au sujet de l'affirmation par le chef du bloc parlementaire du Hezbollah de « l'existence d'une divergence nette et stratégique entre le Hezbollah et le Futur au sujet des événements au Yémen », M. Hariri a surenchéri en affirmant que cette divergence s'étend bien au-delà, à savoir « sur des faits relatés par le président Saad Hariri lors de la commémoration du 14 février dont l'usage de la force contre l'État et le peuple libanais, l'assassinat du président Rafic Hariri et la soustraction à la justice des coupables, membres du Hezbollah ; la participation à la guerre que Bachar el-Assad livre contre son peuple, et l'immixtion dans les conflits régionaux en Irak, au Yémen et au Bahreïn ».
Le secrétaire général du courant du Futur a ensuite tourné en dérision les propos de Mohammad Raad dans lesquels celui-ci comprend « la position délicate » de Saad Hariri face au massacre des civils au Yémen, bien que – dixit M. Raad – « le silence est inadmissible et qu'il est de notre devoir national, moral et humain de condamner cette agression saoudienne ». Ahmad Hariri s'est demandé où peuvent bien se trouver l'humanité, la morale et le nationalisme lorsque le Hezbollah s'octroie le droit de participer « au plus grand massacre de l'histoire arabe et musulmane, en tuant des centaines de milliers parmi le peuple syrien » ?
Poursuivant sur sa lancée, Ahmad Hariri a accusé le Hezbollah de « s'être porté volontaire pour soutenir le renversement de la légalité constitutionnelle au Yémen, et d'avoir ainsi dénié à l'Arabie saoudite le droit de sauver le pouvoir légitime dans ce pays et de défendre la sécurité nationale du Golfe, exécutant par là même les ordres de l'Iran ».
Et d'en rajouter : « Le sayyed n'a-t-il pas lui-même dit qu'il est un petit soldat dans l'armée de la wilayet el-faqih ? »
Sur les allégations de Mohammad Raad qui considère que « l'Iran s'est toujours tenu aux cotés du Liban pour appuyer sa stabilité et sa sécurité ainsi que la coexistence entre les Libanais », Ahmad Hariri a répondu qu'à travers le Hezbollah, l'Iran s'est plutôt « immiscé dans le tissu national libanais pour asseoir sa mainmise sur la présence politique, culturelle et sociale de la communauté chiite, allant jusqu'à la considérer comme une partie de la République islamique, ce qui a provoqué des failles inédites dans les bases de la coexistence ».
Et de conclure : « L'appel de Mohammad Raad à une prise de conscience du courant du Futur doit se retourner vers le Hezbollah, car le courant du Futur, lui, n'a jamais pointé les armes contre ses concitoyens, n'a jamais entaché ses mains du sang du peuple syrien, ne s'est jamais aventuré dans des guerres préventives et n'a jamais soutenu de coups d'État. »


ET PAS SEULEMENT...
10 h 36, le 11 avril 2015