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Nos lecteurs ont la parole - Salim F. Dahdah

Pourquoi pas un vote obligatoire pour débloquer l’élection présidentielle ?

Les mois passent et la mascarade d'une élection présidentielle avortée se perpétue et s'amplifie au vu et au su de tous les membres de l'Assemblée nationale. Une lamentable attitude d'hypocrisie et de mauvaise foi, qui s'apparente étonnamment avec une démarche de collaboration avec les ennemis de la République, de l'État et des institutions... Ce devoir national élémentaire pour chacun de ces élus du peuple est foulé aux pieds et continue à être malmené par certains d'entre eux au nom du respect des libertés individuelles et démocratiques, de peur que ne soit élue à la tête de la nation une personnalité qui desservira leurs intérêts personnels ou ceux des axes géostratégiques pour lesquels ils militent. Face à cette atteinte très grave à la Constitution et surtout aux principes essentiels et incontournables du pacte national, qu'attendent donc pour réagir les députés qui refusent cette initiative de déstabilisation constitutionnelle préméditée et de prise en otage des institutions de la République ?
En France, l'abstention a ouvert la voie à un débat autour de l'adoption du vote obligatoire. Le directeur général de la Fondation Jean Jaurès explique cette option à travers les trois éléments suivants :
Le premier est politique, car on assiste à une progression spectaculaire de l'abstention.
Le deuxième est législatif. C'est la reconnaissance en France depuis le 21 février 2014 du vote blanc : les enveloppes vides ou les bulletins blancs sont décomptés votes nuls et annexés en tant que tels au procès-verbal. La non-reconnaissance des votes blancs, jusqu'alors assimilés à des votes nuls, était considérée à juste raison comme incompatible avec l'existence du vote obligatoire. La contrepartie à l'obligation de voter, c'est que l'insatisfaction par rapport à l'offre électorale puisse être exprimée. Cet obstacle est levé, au moins partiellement.
Le troisième est idéologique. Au-delà de toutes les interprétations sur leur sens profond, les manifestations des 10 et 11 janvier ont témoigné d'une volonté de réaffirmation des valeurs républicaines dans une mobilisation d'une ampleur sans précédent. La progression de l'abstention, la reconnaissance récente du vote blanc et la volonté de réaffirmation des valeurs républicaines, toutes trois prises ensemble, ont indéniablement créé un nouveau contexte et encouragé l'adoption du vote obligatoire.
La philosophie politique, l'histoire, la géographie et le droit sont tous des disciplines qui ouvrent la voie à l'adoption autant du vote obligatoire que du vote non obligatoire. Il apparaît toutefois que le choix du vote obligatoire est un choix de nature purement politique, au sens le plus noble du terme, c'est-à-dire un choix prenant appui sur une certaine conception de la vie de la cité. Ce choix pourrait entraîner trois bénéfices :
Le premier serait de renforcer la légitimité de la démocratie. L'abstention est à la fois une cause et une conséquence du sentiment de ses dysfonctionnements. Le vote obligatoire aurait pour effet d'accroître la participation électorale et de pousser les citoyens à assumer leurs devoirs constitutionnels et démocratiques les plus élémentaires, et d'éviter naturellement le blocage des institutions.
Le deuxième bénéfice serait d'enclencher une dynamique vertueuse. Le vote obligatoire est d'abord un levier pour replacer dans le jeu les milieux populaires et les jeunes générations.
Le troisième bénéfice serait de défendre une certaine conception de la République en montrant qu'elle sait mobiliser quand elle traverse de graves perturbations ou quand elle est attaquée. Quand elle donne des droits, elle peut imposer des devoirs, c'est ainsi que les démocraties évoluent et perdurent.
L'adoption du vote obligatoire ainsi analysé et proposé, il restera à se pencher sur la façon d'améliorer l'exercice du suffrage et ensuite sur la sanction qui accompagne le vote obligatoire. Il est bien entendu que ce vote ne traiterait pas les causes de l'abstention, mais uniquement ses effets.
Cette conclusion est malgré tout suffisante pour être soutenue et adoptée au Liban. Surtout à l'occasion de cette élection présidentielle bloquée dramatiquement et dangereusement depuis des mois. Pour ce faire, il serait peut-être adéquat que les députés qui s'opposent à l'abstention de leurs collègues adressent une requête au président de l'Assemblée nationale. Ils y exprimeraient leur opposition totale et inconditionnelle au blocage du scrutin par l'abstention de certains groupes d'élus, qui mettent en péril la République et l'entité nationale. Ils lui demanderaient à l'occasion de prendre les dispositions règlementaires adéquates pour appeler les députés, dès la fixation de la date de la prochaine séance, à élire, sans retard ni atermoiements, le futur président de la République. Ils lui suggéreraient, pour sauver la République et ses institutions constitutionnelles du blocage grave et exceptionnel qui les mine, de décider du vote obligatoire des députés assorti d'une pénalité en cas d'abstention. Il est bien entendu que cette option du président de l'Assemblée nationale serait prise à titre exceptionnelle, pour une seule fois et en attendant le vote d'une loi.
Il ne fait aucun doute que cette proposition ne cherche pas à occulter l'existence d'autres formes d'actions de démocratie politique et naturellement d'autres modes d'expression des citoyens que le suffrage. Mais pour un régime parlementaire, comme c'est le cas au Liban, les modalités du suffrage choisi sont essentielles, et l'action des députés est déterminante pour la bonne santé de la démocratie et de la gouvernance nationale. Voilà pourquoi le vote obligatoire suspréconisé est donc plus qu'un choix, c'est une nécessité, voire un impératif.

Salim F. DAHDAH

Les mois passent et la mascarade d'une élection présidentielle avortée se perpétue et s'amplifie au vu et au su de tous les membres de l'Assemblée nationale. Une lamentable attitude d'hypocrisie et de mauvaise foi, qui s'apparente étonnamment avec une démarche de collaboration avec les ennemis de la République, de l'État et des institutions... Ce devoir national élémentaire pour chacun de ces élus du peuple est foulé aux pieds et continue à être malmené par certains d'entre eux au nom du respect des libertés individuelles et démocratiques, de peur que ne soit élue à la tête de la nation une personnalité qui desservira leurs intérêts personnels ou ceux des axes géostratégiques pour lesquels ils militent. Face à cette atteinte très grave à la Constitution et surtout aux principes essentiels et incontournables...
commentaires (2)

MÊME LE RÊVE EST INTERDIT DANS CE PAYS...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

17 h 40, le 09 avril 2015

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Commentaires (2)

  • MÊME LE RÊVE EST INTERDIT DANS CE PAYS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    17 h 40, le 09 avril 2015

  • Cher Salim F. Dahdah, Vos psaumes sont bons dans un pays civilisé, mais depuis 1948, notre pays est une forêt vierge habitée par des singes et des cannibales.

    Annie

    14 h 42, le 09 avril 2015

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