La technique d’extraction du gaz de schiste par fracturation hydraulique est interdite en France depuis la loi Jacob de 2011. Kacper Pempel / Reuters
Un rapport sur le gaz de schiste en France, commandé par Arnaud Montebourg, alors ministre, conclut à la faisabilité de son exploitation sans recourir à la fracturation hydraulique polluante, mais a été enterré par le gouvernement, a annoncé Le Figaro hier.
« Le rapport sur "les nouvelles technologies d'exploration et d'exploitation" des gaz et huiles de schiste en France, que Le Figaro s'est procuré, n'a été tiré qu'en sept exemplaires et conclut à la faisabilité d'exploiter des gaz de schiste sans recourir à la fracturation hydraulique, controversée », assure le quotidien. « Ce rapport a été commandé par Arnaud Montebourg peu après son installation comme ministre du Redressement productif mi-2012, achevé de rédiger début 2014 et consciencieusement enterré. Au grand dam de l'ex-ministre, qui refuse aujourd'hui de le commenter, mais confirme son authenticité », selon Le Figaro.
Outre la conclusion de faisabilité d'exploiter des gaz de schiste sans recourir à la fracturation hydraulique « controversée et en tout cas interdite en France depuis la loi Jacob de 2011, il souligne, en détail, combien la France pourrait en tirer parti, en termes de croissance, d'emplois, de compétitivité industrielle, d'indépendance énergétique », explique Le Figaro.
Ainsi selon le rapport, relève le journal, les gaz de schiste représenteraient « une manne d'au moins 108 milliards de dollars pour la France » et leur exploitation « créerait entre 120 000 et 225 000 emplois. » Ce document, détaille encore le quotidien, « préconise une première phase d'expérimentation, par microforages en Ile-de-France et dans le Sud-Est ». « C'était le premier rapport officiel qui validait la technologie de stimulation au fluoropropane », explique un proche du dossier au journal. Cette technologie « présente une réelle alternative permettant de répondre aux problèmes environnementaux posés par la fracturation hydraulique », conclut le rapport.
Pour Le Figaro, « la gestion politique du dossier, paralysée par le veto absolu opposé par les Verts et le ministère de l'Écologie, comme la prudence de l'Élysée et de Matignon, a tout simplement enterré » le rapport.
Réagissant hier à ce rapport, Ségolène Royal a rétorqué : « Le rapport sur les gaz de schiste reconnaît que la fracturation hydraulique est condamnable au plan environnemental » et l'alternative proposée « n'apporte pas de solution : c'est une technologie qui n'est pas mature et sans retour d'expérience ». François Hollande avait assuré en juillet 2013 qu'il n'y aurait ni exploration ni exploitation du gaz de schiste en France sous sa présidence.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine