En comparaison des pays ayant subi une grave crise immobilière poussant les banques à des restructurations profondes, l'économie française a été plutôt épargnée. Ni les entreprises ni les ménages n'ont à proprement parler subi un credit crunch, même s'il est vrai que la croissance du crédit a fortement ralenti. La croissance des prêts au secteur privé dépassait 10 % l'an entre 2006 et 2008, elle est rapidement tombée à zéro au moment de la crise financière et tourne depuis trois ans à environ 2 % par an. De plus, quand, à partir de 2010, les conditions de crédit se sont fragmentées au sein de la zone euro en fonction des pays, la France s'est trouvée du bon côté, avec l'Allemagne. Toutefois, une fragmentation interne s'est mise en place en fonction de la taille des sociétés. Les PME et micro-entreprises ont été pénalisées par rapport aux entreprises de grande taille et de taille intermédiaire.
Quelles sont les observations récentes ? Tout d'abord, les taux de crédit ont repris une tendance baissière avec les nouveaux efforts d'assouplissement monétaire de la BCE entrepris depuis 2012. Qui plus est, cela concerne tous les types d'entreprises. La défragmentation interne n'est pas encore achevée mais elle tend à se réduire. Un autre point positif est le rebond marqué des crédits de trésorerie, après une longue période de contraction, de la fin 2009 au début 2011, puis du début 2012 à la mi-2014. L'histoire montre que c'est la composante la plus réactive aux conditions d'activité. Un banquier à qui on réclame, pour des raisons réglementaires, de réduire son exposition au risque sera sans doute plus enclin à couper cette ligne de crédit que de refuser le financement d'un nouvel équipement. Le retournement des crédits de trésorerie qui s'amplifie mois après mois est donc un signal encourageant pour les perspectives d'activité et d'investissement des entreprises.
Cet article est réalisé par Fidus


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