Au cours d’une sortie d’observation du ciel.
En cette soirée du vendredi 27 février, le ciel était clair. De bonnes conditions pour observer le ciel. Muni d'un télescope amateur automatisé, un groupe d'étudiants de la LAU de Beyrouth et de Byblos prennent le bus et se dirigent vers leur destination : un coin de montagne, dans la région de Jbeil, loin de la lumière des villes. La visibilité est parfaite. À tour de rôle, les étudiants passent devant le télescope, observent la Lune, Vénus et Jupiter, repèrent des amas d'étoiles et des nébuleuses, avant de se réunir pour discuter autour d'un petit feu. Au lendemain de la sortie, Tina Panossian, master en biologie moléculaire, montre fièrement, à la LAU de Byblos, une photo sur son téléphone. « Voici la lune ! Je l'ai moi-même photographiée à travers le télescope », lance-t-elle avec enthousiasme.
Prenant lieu par beau temps sur les hauteurs de Faraya, la sortie d'observation s'inscrit dans le cadre des activités organisées par le club d'astronomie des deux campus, un club qui a vu le jour grâce à l'initiative de Dr Nelly Moawad, astrophysicienne et professeure de physique et d'astronomie à la LAU, et de quelques-uns de ses étudiants, passionnés, tout comme elle, par l'espace. « Les étudiants sont intéressés à découvrir le ciel. Ils sont très enthousiastes et actifs. Ils posent beaucoup de questions », affirme le Dr Moawad, qui est conseillère du club d'astronomie. Parmi ces étudiants, Tina Panossian est ainsi la première à avoir démarré le club, sur le campus de Byblos en 2012.
« Depuis mon enfance, je souhaitais connaître les objets célestes, le fonctionnement de l'espace... En observant le ciel, un paysage impressionnant s'offre à nous ! C'est une expérience inoubliable » avoue-t-elle, rêveuse. Confirmant les propos de sa camarade, Ahmad Hasbini, président du club de Byblos et étudiant en génie informatique, ajoute que « ce qui différencie le club d'astronomie des autres, c'est qu'il permet aux étudiants de découvrir des choses inhabituelles, non seulement dans des vidéos, mais aussi d'une façon réelle et directe, grâce à l'observation du ciel ». La magie qui s'en dégage, combinée à l'acquisition de concepts qui n'ont jamais été abordés encore, fait vite le succès du club.
Suivant ainsi l'exemple de leurs camarades de Byblos, Sarah Kawtharani et Wi'am Saab, deux étudiants en année préparatoire aux études en médecine, lancent le club, en octobre, sur le campus de Beyrouth. « À côté de mes études, je passe mon temps à regarder des films sur les théories de Stephen Hawking. L'espace est un sujet que je connais mal et qui m'intéresse beaucoup » explique Wi'am, président du club de Beyrouth. « Ces sujets sont nouveaux pour nous ! C'est stimulant de voir ce qui peut bien exister ailleurs que sur la Terre, mais aussi, lors des discussions, de chercher des réponses aux questionnements relatifs aux dimensions spatiales », explique Sarah, la vice-présidente.
Une passion à transmettre
Mus par une énergie débordante, les principaux membres du club s'activent pour coordonner les activités entre les deux campus. Des activités qui englobent l'observation de l'espace, mais aussi la projection de films suivis de débats, des séminaires donnés par des personnalités éminentes de l'astrophysique, tel le Dr Charles el-Achi.
Leur passion, ils la crient haut et fort et s'emballent pour la diffuser parmi les nouveaux venus qui, réticents au début, se voient vite gagnés par l'émerveillement. « Pour les étudiants, participer à nos activités est relaxant, cela leur permet de prendre une pause et se détacher d'un quotidien qui est parfois stressant », affirme Sarah. Pour attirer le public et introduire cette science dans le campus, les sujets, bien que physiques, sont présentés d'une façon simplifiée et attrayante. « La science ne doit pas être un domaine réservé aux scientifiques, un domaine loin des gens et qui parfois les effraie. Dans ce club, nous l'approchons d'une façon accessible et agréable. C'est une porte vers la connaissance et ça reste un bon souvenir qui les marque à vie », note le Dr Moawad. Le succès est au rendez-vous, et la participation aux activités du club massive.
Certains étudiants, allant plus loin, intègrent les principes physiques à leur quotidien, ainsi qu'à leur manière de percevoir et de penser leur vie. « J'ai tendance à aborder l'astronomie sous le prisme de la philosophie, me posant des questions notamment sur notre existence. Plus on explore le monde scientifique, plus on essaie de répondre à des questions complexes, et moins on s'attarde sur les banalités du quotidien. Cela m'a finalement permis de développer certains aspects de ma personnalité », révèle, pensive, Sarah. Une réflexion à méditer...
* Pour plus d'informations sur le club : www.facebook.com/LAUAstronomyClub

