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Moyen Orient et Monde - Commémoration

« Ensemble, nous sommes invincibles ! »

Poutine et les Russes célèbrent l'annexion de la Crimée.

Sous les vivats de la foule, massée au pied du Kremlin, Vladimir Poutine est venu fêter avec les Moscovites un événement « patriotique ». Maxim Shipenkov/Pool/AFP

Des dizaines de milliers de Russes ont fêté hier avec le président russe Vladimir Poutine au pied du Kremlin le retour de la Crimée dans le giron russe, un an jour pour jour après la signature par le président russe du traité d'intégration de la péninsule ukrainienne à la Russie.
De nombreuses célébrations sont organisées à travers la Crimée, où le 18 mars est devenu jour férié, tandis que concerts et discours se succèdent au pied du Kremlin, où une immense scène a été installée. Au son des hymnes patriotiques, plusieurs dizaines de milliers de Moscovites, 110 000 selon la police, ont afflué au cœur de la capitale russe. Portant des drapeaux russes, beaucoup brandissaient également des pancartes proclamant : « Ensemble, nous sommes invincibles ! »
M. Poutine, qui a rencontré les dirigeants de Crimée fidèles à Moscou pour discuter notamment du développement économique de la région, a fait une apparition sous les vivats. Le président russe, qui a reconnu hier que les sanctions occidentales avaient causé des dommages à l'économie russe, avait un peu plus tôt assuré qu'elles n'étaient pas « fatales ».
Ces festivités sont le point culminant de plusieurs jours de fête commencés lundi, avec la commémoration du référendum du 16 mars 2014. Les télévisions publiques russes diffusaient en boucle les images de ces célébrations, déjà commencées dans l'Extrême-Orient russe alors que Moscou se réveillait à peine. Dans la capitale de la péninsule, Simferopol, un concert en présence de vedettes de la chanson russe a été organisé en matinée avant le tir d'un feu d'artifice en soirée. « Pour nous, habitants de Crimée, ces célébrations symbolisent le retour à la maison tant attendu », a déclaré le « Premier ministre » de Crimée, Sergueï Axionov. « La Russie a protégé notre droit légitime de voter en faveur de la réunification avec la mère patrie », a-t-il ajouté.
Un an plus tard, la situation économique de la Crimée reste pourtant précaire, alimentant un certain ressentiment contre les nouvelles autorités. La péninsule, qui dépend de l'Ukraine pour l'eau et l'électricité, ne possède en effet aucune liaison terrestre avec la Russie et souffre de difficultés d'approvisionnement, ainsi que d'une inflation galopante.

 

Aspirations séparatistes
Pour l'organisation Amnesty International, qui a publié hier un rapport très détaillé, les autorités de Crimée fidèles à Moscou mènent une « campagne ininterrompue d'intimidations pour faire taire les voix dissidentes ». Elles « utilisent un large éventail de mesures répressives pour éteindre la dissidence », insiste le directeur de l'ONG pour l'Europe et l'Asie centrale, John Dalhuisen, évoquant « des vagues d'enlèvements entre mars et septembre » derniers. « Ceux qui restent subissent le harcèlement des autorités », ajoute-t-il.
Jamais reconnu par Kiev et les Occidentaux, pour qui son organisation bafouait les règles internationales, le référendum du 16 mars 2014 ouvrait une année de confrontation diplomatique sans précédent depuis la guerre froide. Il alimentait par la même occasion les aspirations séparatistes dans l'est de l'Ukraine, où un conflit armé déclenché en avril 2014 a fait plus de 6 000 morts depuis. Une région séparatiste de Géorgie, l'Ossétie du Sud, a par ailleurs signé hier un accord sur « l'alliance et l'intégration » avec la Russie, provoquant la colère de Tbilissi.
Enfin, des diplomates ont indiqué hier soir que le Conseil de sécurité de l'Onu tiendra cet après-midi une réunion informelle, à huis clos, sur la situation en Crimée.

Des dizaines de milliers de Russes ont fêté hier avec le président russe Vladimir Poutine au pied du Kremlin le retour de la Crimée dans le giron russe, un an jour pour jour après la signature par le président russe du traité d'intégration de la péninsule ukrainienne à la Russie.De nombreuses célébrations sont organisées à travers la Crimée, où le 18 mars est devenu jour férié, tandis que concerts et discours se succèdent au pied du Kremlin, où une immense scène a été installée. Au son des hymnes patriotiques, plusieurs dizaines de milliers de Moscovites, 110 000 selon la police, ont afflué au cœur de la capitale russe. Portant des drapeaux russes, beaucoup brandissaient également des pancartes proclamant : « Ensemble, nous sommes invincibles ! »M. Poutine, qui a rencontré les dirigeants de Crimée...
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