Le secrétaire d’État américain John Kerry doit rencontrer son homologue iranien Mohammad Javad Zarif aujourd’hui. Brian Snyder/Pool/AFP
Iraniens et Américains sont depuis hier en Suisse pour entamer la dernière ligne droite de leurs négociations sur le programme nucléaire de Téhéran, avec l'espoir de sceller un accord international historique d'ici à deux semaines.
Le secrétaire d'État John Kerry est arrivé dans la soirée à Lausanne, en provenance d'Égypte, et doit retrouver ce matin son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, a confié un diplomate américain. « Mon espoir est que dans les prochains jours, cela sera possible », a déclaré M. Kerry à la chaîne de télévision CBS avant d'arriver à Lausanne. « S'il (le programme nucléaire iranien) est pacifique, allons-y, finissons-en », a lancé le diplomate américain, impliqué personnellement depuis des mois dans les négociations avec M. Zarif. Mais l'Américain a également reconnu qu'il restait des « divergences importantes » à deux semaines de l'échéance. M. Zarif aussi a plaidé pour que « durant les prochains jours, nous (puissions) faire aboutir les solutions ». Ensuite, « l'écriture d'un accord de façon très précise et détaillée doit commencer », a-t-il fait valoir.
Après 12 ans de tensions internationales et 18 mois de pourparlers intenses, la République islamique et les grandes puissances du groupe 5+1 (États-Unis, Chine, Russie, Royaume Uni, France et Allemagne), sous l'égide de l'Union européenne, se sont donné jusqu'au 31 mars pour conclure un règlement garantissant que l'Iran n'aura jamais la bombe atomique, en échange d'une levée des sanctions. En cas d'un règlement politique d'ici au 31 mars, les 5+1 et Téhéran sont convenus de finaliser d'ici au 30 juin/1er juillet tous les détails techniques de l'accord général. Après sa rencontre avec John Kerry, M. Zarif est attendu cet après-midi à Bruxelles pour voir les chefs des diplomaties européenne, française, britannique et allemande. Il doit ensuite revenir à Lausanne, où les délégations des 5+1 et de l'Iran se retrouveront demain.
Tempête au Congrès
La perspective d'une percée historique sur le nucléaire iranien a déclenché une tempête à Washington entre le Congrès républicain et le gouvernement démocrate. « Apparemment, l'administration est sur le point de conclure un très mauvais accord avec l'un des pires régimes du monde, qui lui permettrait de garder son infrastructure nucléaire », a dénoncé hier le chef des républicains du Sénat, Mitch McConnell. En cas d'échec des négociations, M. McConnell a confirmé que le Sénat tenterait d'adopter de nouvelles sanctions contre Téhéran.
L'administration Obama cherche également à dissuader les parlementaires de voter une loi qui forcerait le président à soumettre au Congrès tout accord avec l'Iran. Pendant 60 jours, le Parlement américain aurait ainsi le pouvoir de voter pour bloquer son entrée en vigueur. La Maison-Blanche a par ailleurs confirmé hier que tout accord international sur le nucléaire ferait l'objet d'un vote de soutien au Conseil de sécurité des Nations unies.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine