L'ancien chef de l'Etat, hier, en compagnie du ministre Nabil de Freige (photo Ani).
L'ancien chef de l'État, Michel Sleiman, a mis en garde hier contre une éventuelle « normalisation à laquelle pourrait conduire une reprise de l'activité législative, l'adoption des lois, la publication de décrets et la prise de décisions en Conseil des ministres sans prendre en compte l'absence d'un chef d'État, le chef d'orchestre par excellence du travail des institutions ». M. Sleiman craint en effet que le fait que les décrets ordinaires ne soient plus contresignés par le président, qu'il n'y ait plus de renvoi de décisions et de lois, ou de recours devant le Conseil constitutionnel, ne contribue un peu plus à cette normalisation. L'ancien chef de l'État s'exprimait ainsi devant les ministres d'État pour la Réforme administrative et des Télécommunications, MM. Nabil de Freige et Boutros Harb, venus s'entretenir avec lui de la gestion des affaires publiques. À l'issue de la rencontre, M. Harb a affirmé avoir évoqué avec l'ancien président la situation générale dans le pays ainsi que le climat qui a entouré la mise en place de la Commission de contrôle des banques, « une mesure qui a permis de protéger ce secteur », a-t-il dit, rappelant que le Liban ne peut prendre le risque de voir son secteur bancaire ébranlé.
M. Harb a relevé avoir également examiné avec son interlocuteur la question du contreseing requis pour la publication des décrets ordinaires, dénonçant au passage le cas de figure où cette mesure n'obtiendrait pas l'approbation des 24 ministres, une situation pour le moins dangereuse, dit-il. Le ministre a expliqué qu'il s'agirait d'une mesure « anticonstitutionnelle sur laquelle il ne faudrait pas se taire puisqu'elle constitue une atteinte aux prérogatives du chef de l'État et des ministres ». Il a en outre insisté sur le fait qu'il s'agit là d'une prérogative que le chef de l'État doit exercer d'une manière absolue.
« Les Libanais doivent savoir que l'absence d'un chef d'État équivaut à un renversement du régime politique. » Par conséquent, a ajouté le ministre Harb, cette situation peut « affecter l'avenir du Liban et, plus précisément, la présence des chrétiens au Liban et leur rôle politique ».

