Un panneau d’affichage à l’entrée de Tikrit. Thaier al-Sudani/Reuters
Des milliers de soldats irakiens ont renforcé hier le siège de la ville de Tikrit. Onze jours après le lancement de leur offensive, les militaires irakiens affirmaient que la reprise prochaine de Tikrit ne faisait guère de doute. « Le temps est de notre côté, nous avons l'initiative » et « nous commençons à appliquer la deuxième phase de notre plan », a expliqué le ministre de la Défense, Khaled al-Obeidi, en déplacement dans la province de Salaheddine, dont Tikrit est la capitale. « Tikrit est bouclée de tous les côtés », mais « nous ne voulons pas nous précipiter », a précisé le général de police Bahaa al-Azzawi, interrogé par l'AFP à Albou Ajil, un village d'où est visible Tikrit de l'autre côté du Tigre.
En attendant, les forces gouvernementales, fortes de plusieurs milliers d'hommes, tiraient sporadiquement à l'artillerie sur Tikrit, selon les journalistes de l'AFP. Toutes les localités sur la rive orientale du Tigre étaient sous leur contrôle et les drapeaux noir et blanc de l'EI étaient recouverts de slogans hostiles. De son côté, le commandant des Unités, Hadi al-Ameri, a affirmé qu'il n'y avait plus d'issue pour les quelques centaines de jihadistes terrés dans le centre-ville. Ils « ont deux choix : se rendre ou mourir », a-t-il prévenu.
Brigade chrétienne
Cependant, l'avancée des forces gouvernementales est délicate, car la technique des jihadistes est de truffer d'engins explosifs les lieux qu'ils s'apprêtent à quitter. « Nous n'avons pas face à nous des combattants au sol mais un terrain piégé et des snipers », a résumé un haut gradé.
Aucun bilan de victimes depuis le début de l'offensive contre Tikrit n'était disponible, mais plusieurs dizaines de corps sont acheminés quasi quotidiennement à Bagdad et dans la ville sainte chiite de Najaf. L'incertitude demeure en outre sur le nombre de civils qui seraient toujours présents dans Tikrit et sur leur situation humanitaire et sécuritaire.
La bataille de Tikrit, une ville majoritairement sunnite et ex-fief de l'ancien dictateur Saddam Hussein, représente l'offensive la plus ambitieuse lancée par Bagdad pour reconquérir les villes et territoires occupés depuis l'été 2014 par l'EI, qui a proclamé un « califat » à cheval sur l'Irak et la Syrie. Les observateurs considèrent cette bataille comme un test de la collaboration entre les nombreuses forces combattantes et de la capacité des groupes chiites à prévenir des actes de revanche contre les sunnites.
M. Obeidi, ministre sunnite, a déclaré avoir été impressionné par la bonne entente sur le terrain, qui « envoie un message très positif au peuple irakien ». « Avec notre unité, nous pouvons obtenir la victoire », a également lancé le Premier ministre Haider al-Abadi.
En outre, la première brigade des forces régulières irakiennes composée uniquement de combattants chrétiens a été officiellement créée hier, avec pour tâche de reprendre les villes et villages chrétiens aux mains de l'État islamique (EI). Cette nouvelle brigade est placée sous le commandement du gouvernement de la région autonome irakienne du Kurdistan, dont les forces de sécurité, les peshmergas, jouent un rôle essentiel dans la lutte contre les jihadistes.
(Source : AFP)

