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Économie - Politique Économique

Athènes discute de ses projets de réformes avec une troïka rebaptisée

Après un mois et demi de tractations sur fond de tensions politiques et lexicales, le gouvernement grec a entamé, hier à Bruxelles, les discussions avec ses créanciers afin de parvenir à un accord sur les réformes qu'il envisage pour bénéficier d'un financement supplémentaire.

La nouvelle équipe de fonctionnaires internationaux avec laquelle la Grèce a entamé les discussions techniques sur ses réformes a été baptisée « Groupe de Bruxelles » par Athènes et non plus « troïka ». Aris Messinis / AFP

« L'OLJ », avec agences

Si le poids des mots, souvent peu amènes, qui ont rythmé jusque-là les échanges entre Athènes et ses créanciers ne semble pas devoir immédiatement s'alléger, celui de ses maux financiers pourrait commencer à l'être. À condition toutefois de trouver un compromis sur les réformes structurelles que la Grèce s'est engagée à mener. C'est dans cet état d'esprit qu'a débuté, hier en début d'après-midi, une entrevue entre hauts fonctionnaires d'un nouveau quintet baptisé Groupe de Bruxelles et composé du gouvernement grec, de l'Union européenne (UE), de la Banque centrale européenne (BCE), du Mécanisme européen de stabilité (MES) et du Fonds monétaire international (FMI).
Ces négociations sont les premières du genre depuis l'arrivée au pouvoir fin janvier du gouvernement d'Alexis Tsipras, élu sur la promesse de la fin des mesures d'austérité imposées à son pays depuis 2010. Elles font suite à l'accord conclu à l'arraché le 20 février et lui donnant un répit pour présenter son plan. « Ces discussions doivent permettre de progresser vers la spécification de la liste des réformes envisagées par les autorités grecques afin d'aboutir à un accord à la fin du mois d'avril au plus tard », a déclaré Mina Andreeva, porte-parole de la Commission européenne. Une fois validées par les créanciers, ces annonces devraient permettre de débloquer la dernière tranche de prêts internationaux de 7,2 milliards d'euros (7,6 milliards de dollars), suspendue depuis l'été et vitale pour la survie financière du pays.

Athènes s'engage sur 70 % des réformes
Le temps presse parce que la Grèce pourrait se retrouver à court de liquidités à la fin du mois en cours et donc dans l'impossibilité d'honorer ses créanciers, à moins d'obtenir de nouveaux prêts en provenance de la zone euro.
« On ne s'attend pas à voir la Grèce mettre en œuvre 100 % des réformes envisagées par le plan d'aide, aucun pays bénéficiant d'un plan d'aide ne l'a jamais fait, mais ils devront s'engager à en mener une majorité significative », a déclaré un responsable européen cité par Reuters. Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a déclaré le mois dernier aux parlementaires qu'Athènes envisageait de mener à bien 70 % des réformes exigées dans le cadre du plan d'aide. Le gouvernement s'est notamment engagé à ne pas revenir sur les privatisations, à ne pas laisser filer le déficit budgétaire, à améliorer la collecte de l'impôt et à lutter contre la corruption. « Ces réformes, de même que des dizaines d'autres, feront partie d'un plan national pour la reconstruction et la croissance que le gouvernement présentera d'ici au mois d'avril », a déclaré un responsable grec à Reuters.

Finie la troïka
En attendant, avec cette nouvelle dénomination de Groupe de Bruxelles – qui les inclut désormais –, les Grecs anéantissent au passage le concept honni de troïka, ces technocrates de l'UE, de la BCE et du FMI dont les visites pointilleuses et hautement sécurisées à Athènes étaient devenues un repoussoir pour la population. Ce qui n'empêche pas que parmi les participants aux discussions figurent les chefs de mission de l'ancienne « troïka »...
Athènes a qualifié ces nouvelles négociations de « politiques et techniques » et souligne qu'elles se dérouleront dorénavant plutôt dans la capitale européenne, sans exclure que ses interlocuteurs puissent se rendre à Athènes pour « collecter des éléments précis », selon un communiqué du gouvernement. Dimitris Mardas, ministre adjoint des Finances, a expliqué la nuance à la radio To Vima. « Des experts techniques se rendent en Grèce depuis quinze ans, ils nous offrent du savoir-faire, ce n'est pas gênant. Ce qui était gênant avant c'était quand la troïka arpentait tous les ministères. »
Mercredi, Athènes a levé 1,3 milliard d'euros en bons du Trésor à trois mois, à un taux plus élevé que l'émission similaire il y a un mois, signe de la réticence des marchés à acquérir de la dette grecque. Entre la pression maintenue par la BCE, qui a suspendu début février un des canaux de financement des banques grecques, et les retards pris par les contribuables à payer leurs impôts, le gouvernement envisagerait désormais d'emprunter aux caisses de Sécurité sociale ou d'utiliser les subventions européennes pour honorer ses dettes de mars, qui atteignent 6 milliards d'euros (6,3 milliards de dollars). Ce ne serait pas la première fois que les caisses de couverture sociale seraient appelées à combler le trou des finances publiques. Lors de la restructuration de la dette publique en 2012, elles avaient ainsi perdu plusieurs milliards d'euros.

« L'OLJ », avec agences
Si le poids des mots, souvent peu amènes, qui ont rythmé jusque-là les échanges entre Athènes et ses créanciers ne semble pas devoir immédiatement s'alléger, celui de ses maux financiers pourrait commencer à l'être. À condition toutefois de trouver un compromis sur les réformes structurelles que la Grèce s'est engagée à mener. C'est dans cet état d'esprit qu'a débuté, hier en début d'après-midi, une entrevue entre hauts fonctionnaires d'un nouveau quintet baptisé Groupe de Bruxelles et composé du gouvernement grec, de l'Union européenne (UE), de la Banque centrale européenne (BCE), du Mécanisme européen de stabilité (MES) et du Fonds monétaire international (FMI).Ces négociations sont les premières du genre depuis l'arrivée au pouvoir fin janvier du gouvernement d'Alexis...
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