Les armées nigérienne et tchadienne, qui mènent depuis dimanche une offensive conjointe au Nigeria contre Boko Haram, ont repris la ville de Damasak (Nord-Est) aux islamistes nigérians, un premier succès sur ce deuxième front ouvert contre le groupe radical. « L'offensive a permis de prendre le contrôle de Damasak », ville nigériane située à une centaine de kilomètres de la rive ouest du lac Tchad, a déclaré hier une source sécuritaire tchadienne. D'après cette source, les pertes humaines sont lourdes : quelque 200 combattants du groupe extrémiste ont été tués dimanche, pour 10 tués et 20 blessés parmi les soldats tchadiens. Une source hospitalière à Diffa, capitale du sud-est du Niger située à une trentaine de kilomètres de Damasak, a de son côté mentionné 33 militaires blessés, sans préciser leur nationalité. Ni le gouvernement ni l'armée du Niger, dont c'est la première incursion en territoire nigérian, n'ont pour l'instant fait de déclarations sur ce succès dans la lutte contre Boko Haram, qui a fait allégeance samedi à l'État islamique (EI).
Déguisés en marchands
D'après un haut responsable civil de Diffa, les soldats sont partis en guerre dans la liesse populaire. Hommes, femmes et enfants « se sont massés sur une dizaine de kilomètres » pour les « applaudir » et les « encourager », en « leur offrant aussi des cigarettes, du thé ou de l'eau », a-t-il raconté.
Boko Haram s'était emparé de Damasak le 24 novembre dernier, tuant une cinquantaine de personnes et en poussant 3 000 autres à fuir, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'Onu. Les combattants islamistes avaient infiltré la ville en se déguisant en marchands et en dissimulant leurs armes dans des cartons de marchandises. Les soldats nigérians s'étaient alors enfuis au Niger voisin avec une partie de la population, avait raconté un parlementaire nigérian à l'époque.
(Source : AFP)


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