Des combattants chiites sous un panneau d’affichage dans la ville d’el-Alam, hier. Thaier al-Sudani/ Reuters
Le plus haut responsable militaire américain, le général Martin Dempsey, a souligné hier, lors d'un entretien avec de hauts responsables irakiens, que les liens entre Bagdad et l'Iran, qui arme et entraîne des milices chiites combattant au sol les jihadistes, suscitaient l'inquiétude des États sunnites membres de la coalition. Les Irakiens doivent « être conscients du défi de maintenir (...) ensemble la coalition », dont ne fait pas partie Téhéran, a souligné Dempsey, qui a quitté l'Irak pour Bahreïn en fin de journée.
De son côté, le ministre irakien de la Défense Khaled al-Obaidi a défendu le soutien iranien. « Nous sommes en état de guerre et nous nous tournons vers les amis qui nous aident dans cette confrontation », a-t-il dit.
Grâce à l'appui des raids de la coalition, l'armée irakienne et ses alliés, principalement forces kurdes, milices chiites et certaines tribus sunnites, ont récupéré une petite fraction du terrain perdu. Alors que l'EI, groupe extrémiste sunnite, a profité du ressentiment de la communauté sunnite vis-à-vis des gouvernements majoritairement chiites de ces dernières années pour effectuer sa percée en Irak, le général Dempsey a estimé que la coalition pourrait être fragilisée si le gouvernement irakien ne parvenait pas à résoudre les divisions confessionnelles dans le pays. Il a affirmé avoir « reçu toutes les assurances » des responsables irakiens de leur engagement à se réconcilier avec la population sunnite, mais il s'est demandé jusqu'à quel point ces assurances étaient « crédibles ».
En outre, le général Dempsey, s'est montré favorable à l'idée d'intervenir pour protéger le patrimoine archéologique, comme l'a demandé le gouvernement irakien, après que l'EI eut détruit des sculptures préislamiques du musée de Mossoul, ainsi que les cités antiques de Nimroud et Hatra (nord).
Attaques de la coalition
« Daech sera battu », a assuré le général, dont la visite coïncide avec le lancement par les forces kurdes d'une offensive au sud et à l'ouest de la ville pétrolière de Kirkouk, destinée à accroître la pression sur les derniers bastions jihadistes à l'est du fleuve Tigre. Cette attaque s'est faite avec l'appui de la coalition internationale antijihadistes, dont les frappes se doivent d'être « très précises » afin d'éviter « plus de souffrances » pour les populations civiles, a souligné le chef d'état-major interarmées américain.
Lors de l'opération hier, sept combattants kurdes irakiens ont été tués et 51 blessés, d'après un général et un médecin. Un responsable de la sécurité a également fait état de la mort de trois Kurdes iraniens.
Dans cette province de Kirkouk, l'EI a exécuté 20 personnes qui voulaient s'engager dans une milice combattant les jihadistes, selon des autorités locales. Des photos très violentes montrant leur mise à mort à Hawijah ont été diffusées sur Internet.
Combats fratricides
Par ailleurs, des frappes aériennes de la coalition internationale ont visé des raffineries tenues par l'EI dans le nord de la Syrie faisant au moins 30 morts, en majorité des jihadistes, a rapporté hier une ONG. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les avions de la coalition ont lancé dimanche deux raids sur des installations pétrolières, qui gagnait plus d'un million de dollars par jour en ventes pétrolières, dans le nord-ouest de la province de Raqa, fief de l'EI.
Enfin, au moins neuf membres de l'EI ont été tués dans des combats fratricides dans le nord-ouest de la Syrie lorsque des jihadistes ont tenté d'en empêcher d'autres de fuir en Turquie, toujours selon l'OSDH.

