Le Front al-Nosra, un des principaux groupes armés de Syrie, a affiché hier son attachement à el-Qaëda et démenti toute intention de quitter le réseau extrémiste pour gagner le soutien de l'Occident et des pays du Golfe, dans un communiqué publié via son compte Twitter. L'idée d'une rupture d'el-Nosra avec el-Qaëda a émergé au printemps 2014 à Deir ez-Zor. Dans cette province de l'Est syrien, face à l'avancée des frères ennemis de l'État islamique, la branche locale d'al-Nosra s'était alliée avec des factions du Front islamique et de l'Armée syrienne libre (ASL), mouvements rebelles considérés comme plus modérés, qui ont reçu des soutiens des Occidentaux et des monarchies pétrolières du Golfe.
Mais cette idée de rupture « a fait long feu », affirme Thomas Pierret, maître de conférences à l'université d'Édimbourg. Celui qui la défendait est l'ancien mufti du groupe, Abou Mariya al-Qahtani, connu pour incarner l'aile « modérée » d'al-Nosra, aujourd'hui basé à Deraa (Sud), mais marginalisé. Après sa défaite face à l'EI à Deir ez-Zor, il a été remplacé par un faucon, le Jordanien Sami al-Oraydi, et la ligne s'est considérablement durcie. « Les dynamiques internes du Front al-Nosra depuis l'été 2014 ne pointent pas du tout vers une dynamique de modération et une rupture avec el-Qaëda », a souligné M. Pierret. La rumeur d'une prochaine rupture avec el-Qaëda avait pris de l'ampleur ces dernières semaines sur les réseaux sociaux, entraînant le démenti officiel cinglant publié par l'organisation jihadiste.
Moyen Orient et Monde
Al-Nosra reste fidèle à el-Qaëda
OLJ / le 10 mars 2015 à 00h00

