La hausse de la Bourse américaine depuis 2009 n'a jamais été aussi rapide hormis dans les périodes pré-1929 et pré-2000, qui ont, comme on sait, mal fini. On recense ici les métriques de valorisation les plus usuelles appliquées au marché US.
- Les métriques de court terme (P/E, forward P/E) sont élevées mais bien inférieures aux niveaux stratosphériques de la bulle Internet. Par ailleurs, en comparaison avec le marché obligataire, le rendement réel des actions apparaît historiquement élevé, ce qui indiquerait plutôt une faible valorisation relative.
- Les métriques fondamentales (Cape, Tobin's.q) sont nettement plus tendues. Cela étant, la comparaison historique est peut-être faussée par les conséquences de la dernière crise, la faible inflation et un modèle capitalistique maintenant plus porté sur les actions et moins sur la dette.
C'est dans ce contexte qu'un cycle de remontée des taux courts se dessine. Les commentaires venant de la Fed montrent que celle-ci est partagée entre des impératifs contradictoires. D'une part, elle ne veut pas laisser s'installer un régime de taux créant des excès de valorisation si importants que leur correction provoquerait un nouveau cataclysme. Après près de sept ans de taux zéro, n'est-ce pas déjà trop tard ? D'autre part, la Fed ne veut pas provoquer une brutale correction des marchés. Cette crainte peut l'amener à différer le moment de remonter les taux, renforçant le premier risque. Le vrai dilemme de la Fed est là, et non dans l'écart entre inflation et chômage.

