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Moyen Orient et Monde - Proche-Orient

Le CCOLP décide l’arrêt de la coopération sécuritaire avec Israël

La mesure annoncée reviendrait à remettre le sort de près de 5 millions de Palestiniens entre les mains de l'État hébreu.

Réunis depuis la veille, 80 des 110 membres du Conseil central de l’Organisation de libération de la Palestine (CCOLP) ont mis à exécution des menaces maintes fois brandies mais jamais exécutées. Mohammad Torokman/Reuters

Un organe-clé de l'OLP a décidé hier l'arrêt de la coopération sécuritaire avec Israël, une mesure potentiellement explosive qui, si elle est mise en application, fera entrer le conflit israélo-palestinien dans une nouvelle phase.
C'est donc un véritable coup de théâtre qui s'est joué hier soir à Ramallah, le siège de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée. Réunis depuis la veille, 80 des 110 membres du Conseil central de l'Organisation de libération de la Palestine (CCOLP) ont mis à exécution des menaces maintes fois brandies mais jamais exécutées. Ils ont décidé de mettre fin « à la coopération sécuritaire sous toutes ses formes » avec Israël, pierre angulaire de l'Autorité palestinienne, entité intérimaire créée en 1994 dans le sillage des Accords d'Oslo sur l'autonomie, et appelé Israël à assumer « toutes ses responsabilités de puissance occupante » à l'égard du peuple palestinien. Avec ses décisions, a expliqué à l'AFP Moustapha Barghouthi, membre du CCOLP, « l'Autorité refuse de jouer tout rôle de supplétif de l'occupant israélien » qui poursuit la colonisation des territoires occupés et refuse depuis janvier de reverser à l'Autorité près d'un demi-milliard de taxes collectées pour son compte, étranglant financièrement une Autorité en crise politique.

Pas de calendrier pour l'application
Mais ces mesures doivent encore être mises en application par le Comité exécutif de l'OLP, dirigé, comme l'Autorité palestinienne, par le président Mahmoud Abbas. L'OLP n'a donné aucun calendrier et, dans l'immédiat, la coopération se poursuivait sur le terrain, ont indiqué des sources militaires israéliennes à la radio publique de l'État hébreu. Toutefois, a affirmé M. Barghouthi, « ces décisions contraignent l'Autorité car c'est l'OLP qui l'a créée et qui a signé les Accords d'Oslo » en 1993. « Le CCOLP a tout pouvoir législatif et constitutionnel sur l'Autorité et son gouvernement, il est l'organe le plus important », a-t-il poursuivi.
Si elles sont mises en place, ces décisions pourraient avoir des conséquences équivalentes à un sabordage pur et simple de l'Autorité et signifier la remise du destin de 4,6 millions de Palestiniens – en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est – entre les mains d'Israël. La coopération sécuritaire – qui englobe, outre le maintien de l'ordre, la coordination aux points de passage, l'octroi des laissez-passer et d'autres fonctions administratives – n'a été interrompue qu'au plus fort de la deuxième intifada, et de façon temporaire en 2000. Son interruption, associée à une remise des prérogatives de l'Autorité à Israël, reviendrait concrètement à forcer l'État hébreu, en tant que puissance occupante, à reprendre en main les affaires palestiniennes. C'est-à-dire à assurer les services publics, à s'occuper du trafic routier, de l'état civil ou des hôpitaux. Et donc à renvoyer ses soldats dans toutes les villes et localités palestiniennes.
En fait, estime M. Barghouthi, les décisions du CCOLP signent « la fin de la période d'Oslo, qu'Israël a détruit ». Hier soir, a estimé ce dirigeant, le CCOLP a ouvert « une nouvelle étape » portée par une « stratégie nationale globale pour l'avenir » prévoyant notamment « l'arrêt de la coopération sécuritaire, l'adhésion à de nouvelles organisations internationales, notamment la CPI, le boycottage d'Israël et une campagne pour l'imposition de sanctions contre l'occupation israélienne ».
Du côté de l'État hébreu, aucun officiel n'avait réagi dans la soirée aux annonces palestiniennes qui interviennent sur fond de campagne électorale en Israël pour les législatives prévues le 17 mars et pour lesquelles le Premier ministre Benjamin Netanyahu est favori à sa succession.
(Source : AFP)


Un organe-clé de l'OLP a décidé hier l'arrêt de la coopération sécuritaire avec Israël, une mesure potentiellement explosive qui, si elle est mise en application, fera entrer le conflit israélo-palestinien dans une nouvelle phase.C'est donc un véritable coup de théâtre qui s'est joué hier soir à Ramallah, le siège de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée. Réunis depuis...

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