La Banque centrale européenne (BCE) s'est montrée optimiste, hier, concernant les bienfaits de son nouveau programme de rachat de dettes, tout en maintenant un discours de fermeté vis-à-vis de la Grèce. Fin janvier, l'institution monétaire de Francfort avait annoncé la mise en œuvre d'un vaste programme de rachats de dettes publiques et privées pour plus de 1 000 milliards d'euros d'ici à septembre 2016, sur le modèle de la Banque d'Angleterre ou la Réserve fédérale, afin de relancer la très faible dynamique des prix en zone euro. Cette opération dite « d'assouplissement quantitatif », « QE » selon son acronyme anglo-saxon, doit débuter lundi au rythme de 60 milliards d'achats par mois, a annoncé lors d'une conférence de presse le président de l'institution Mario Draghi, à l'issue de la réunion de politique monétaire de son conseil des gouverneurs, organisée cette fois-ci à Chypre.
L'Italien en a profité pour dévoiler quelques détails. La BCE est prête à acheter des obligations souveraines à taux négatif, mais pas au-delà du taux qu'elle-même applique aux dépôts des banques chez elle (-0,2 %). Elle achètera par ailleurs des obligations émises par des institutions internationales et supranationales – l'Union européenne, ou encore la Banque européenne d'investissement par exemple – si les titres émis par les États membres de la zone euro venaient à manquer.
La BCE attend dorénavant une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1,5 % cette année et de 1,9 % l'an prochain, contre des précédentes estimations de 1 % et 1,5 %. Elle table par ailleurs sur une hausse de 2,1 % pour 2017.
Fermeté sur la Grèce
La traditionnelle séance de questions-réponses entre M. Draghi et les journalistes a été largement consacrée au cas grec. L'Italien a souligné que le pays ne serait pas éligible pour le moment aux rachats d'actifs dans le cadre du « QE ». Cela pourra être le cas quand la Grèce aura remboursé des obligations détenues par la BCE et qui arrivent à échéance en juillet, faisant repasser la proportion de sa dette souveraine détenue par la BCE sous le seuil de 33 %.
Comme beaucoup s'y attendaient, le banquier central a maintenu un discours de fermeté vis-à-vis du pays. La BCE restaurera un régime permettant aux banques grecques de se refinancer auprès d'elle, a-t-il affirmé, à condition toutefois qu'Athènes mette en œuvre les réformes promises en échange du soutien financier de ses partenaires européens.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine