Dans l’Est séparatiste, les rebelles ont fait état d’un retrait des armes lourdes. Baz Ratner/Reuters
Les tensions entre l'Ukraine et la Russie ont ressurgi sur la question énergétique, le président russe Vladimir Poutine qualifiant de « génocide » le refus des autorités de Kiev de livrer du gaz aux régions rebelles. Selon le président russe, « non seulement il y a la famine là-bas, non seulement l'OSCE a constaté une catastrophe humanitaire, mais en plus on leur coupe le gaz (...). Cela ressemble déjà à un génocide ». La pression est également montée d'un cran sur le plan diplomatique contre la Russie, accusée par Kiev et les Occidentaux d'armer les rebelles prorusses de l'Est et d'y avoir déployé des troupes régulières. Moscou dément toute implication dans le conflit. Cependant, le secrétaire d'État américain John Kerry a estimé que la Russie « se livre à l'exercice de propagande le plus flagrant et le plus important depuis le plus fort de la guerre froide », affirmant que les dirigeants russes « mentaient » avec aplomb concernant « ce qu'ils font là-bas » en Ukraine. Selon lui, « à ce jour, ni la Russie ni les forces qu'elle soutient ne (...) remplissaient leurs engagements » contenus dans l'accord de paix de Minsk du 12 février. Il a en outre accusé Poutine de chercher à déstabiliser la Russie. Moscou a donc de nouveau été mis en garde par le secrétait d'État américain, qui a prévenu qu'en cas d'échec de l'accord de Minsk, il y aura des conséquences supplémentaires qui feront monter la pression sur une économie russe déjà affaiblie. De même, pour le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, la question de nouvelles sanctions contre la Russie « serait à nouveau posée au niveau européen » en cas d'attaque des séparatistes prorusses contre Marioupol.
Trêve respectée
Sur le terrain, l'armée ukrainienne a fait état d'une « baisse considérable » des tirs rebelles et s'est félicitée du fait qu'aucun soldat n'ait été tué en 24 heures, pour la première fois depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 15 février. Le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko a toutefois souligné que la trêve n'était pas entièrement respectée, dénonçant notamment le passage
d'« un grand nombre de chars, de lance-roquettes multiples Grad et d'autres équipements » vers la ville côtière de Novoazovsk contrôlée par les rebelles et située à 30 km du port stratégique de Marioupol. De leur côté, les séparatistes ont amené un groupe de journalistes à Obilné, à une vingtaine de kilomètres au sud de Donetsk, pour leur montrer ce qu'ils ont présenté comme un « retrait d'armes lourdes ». Des journalistes de l'AFP ont vu une colonne de 14 canons mobiles de 122 mm et de plusieurs camions se déplacer sur la route, en provenance de l'ouest, où se situe la ligne de front et en direction de la ville de Starobecheve au sud. Cependant, la mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sur place a pour sa part souligné qu'elle ne pouvait confirmer aucun retrait.
(Source : AFP)

