Le nouveau numéro de « Charlie Hebdo » sort aujourd’hui. Il sera tiré à 2,5 millions d’exemplaires.
Au moins cinq drones ont été aperçus survolant Paris dans la nuit de lundi à hier, aux abords de l'ambassade des États-Unis, de la tour Eiffel ou de la Concorde, sans que la police française mobilisée parvienne à mettre la main sur leurs pilotes.
Ces survols énigmatiques ne sont pas inédits dans la capitale, mais c'est la première fois qu'autant d'appareils sont repérés en une nuit, selon des sources proches de l'enquête. Ils sont intervenus au-dessus de lieux parmi les plus sensibles de Paris, alors que la ville est quadrillée par d'imposantes forces de sécurité déployées en renfort depuis les attentats jihadistes du début d'année. Les attaques contre le journal satirique Charlie Hebdo, des policiers et un supermarché casher avaient fait 17 morts du 7 au 9 janvier. Selon des sources proches de l'enquête, un premier drone a été repéré peu après minuit survolant l'ambassade américaine, située dans le VIIIe arrondissement, près du palais de l'Élysée, siège de la présidence française. Assez rapidement, en raison du caractère sensible des lieux, les premiers services de police présents ont tenté de suivre l'appareil qui « a continué son survol vers les Invalides », a expliqué l'une de ces sources, avant que les policiers ne perdent sa trace. Quatre autres drones ont été repérés ensuite, entre 01h00 et 06h00, « survolant de nombreux lieux parisiens », a assuré la même source, citant notamment la tour Eiffel, la tour Montparnasse, gratte-ciel du sud de la capitale, ou encore la place de la Concorde, au pied des Champs-Élysées. Durant près de six heures, la plupart des services de police de nuit ont été mobilisés dans la capitale pour essayer de repérer les pilotes de ces appareils, en vain. « Nous avons tout déployé pour tenter d'intercepter les pilotes, mais ils n'ont pas été détectés », a regretté une source. Si ce n'est pas la première fois que des drones sont aperçus dans la capitale, « cela nous arrive de temps en temps d'en repérer », a confié une source policière – jamais autant n'avaient été repérés « en une seule nuit ». « Il pourrait s'agir d'une action coordonnée mais nous n'en savons pas plus pour l'instant », a expliqué une source proche de l'enquête.
« Jeu ? Repérages ? »
« Est-ce un jeu, des repérages pour une action future ? L'enquête le dira », s'interroge perplexe un commissaire parisien. Aucune organisation n'a pour l'instant revendiqué une quelconque action. Concernant le survol de l'ambassade des États-Unis, les investigations ont été confiées à la section de recherche de la gendarmerie des transports aériens (GTA). La police judiciaire parisienne a, elle, été chargée des autres survols. La problématique de ces survols de drones n'est pas nouvelle. Depuis quelques mois, plusieurs de ces appareils ont été repérés aux abords de sites sensibles, notamment les nombreuses centrales nucléaires du pays, un des champions du monde de l'atome avec 58 réacteurs répartis sur 19 centrales. « Il faut le reconnaître, pour l'instant avec les drones, on n'est pas forcément au point sur nos moyens d'action», a estimé une source policière. « Face à ce phénomène nouveau, les forces de l'ordre tâtonnent, cherchent la parade », avait confié récemment le criminologue et spécialiste de la sûreté aérienne Christophe Naudin.
(Source : AFP)

