Deux jeunes Thaïlandais accusés d'avoir diffamé la monarchie dans une pièce de théâtre ont été condamnés lundi à deux ans et demi de prison ferme, dernières victimes de la campagne de musellement de la junte militaire au pouvoir depuis un coup d'Etat mené en mai 2014 au nom de la protection du roi.
"La cour considère que leurs actions dans le cadre d'une pièce jouée devant un large public a porté un grave préjudice à la monarchie", a conclu le juge, lisant l'énoncé du verdict devant une salle d'audience bondée de reporters, tant cette affaire est devenue un symbole de la répression contre la liberté de parole.
La pièce "La fiancée du loup" avait été jouée en octobre 2013 dans la prestigieuse université Thammasat de Bangkok pour le 40e anniversaire d'une révolte étudiante réprimée dans le sang par l'armée. Elle avait été accusée bien plus tard de calomnier la famille royale, sujet tabou dans le royaume, sous couvert d'être une satire ancrée dans un royaume fictionnel.
Des chaînes entravant ses pieds nus, l'étudiant Patiwat Saraiyaem, 23 ans, et l'activiste Porntip Mankong, 26 ans, sont restés sans réaction à l'énoncé de cette condamnation à cinq ans de prison, réduite de moitié en raison de leur "confession", "utile", a ajouté le juge. "Ils acceptent le verdict. Nous ne ferons pas appel", a déclaré leur avocate, Pawinee Chumsri.
En multipliant les affaires de lèse-majesté, censées protéger le roi Bhumibol Adulyadej, 87 ans, la junte au pouvoir est accusée de vouloir remodeler le paysage politique en profondeur, afin de se débarrasser durablement de l'influence de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, dont les formations remportent toutes les élections depuis 2001. Six autres artistes de la troupe de théâtre engagée "Prakai Fai" ("Mettre le feu" en thaï) sont recherchés et au moins deux d'entre eux sont exilés, se joignant à un exode d'intellectuels opposés à la junte.
La loi de lèse-majesté, connue sous le nom d'"article 112", prévoit jusqu'à 15 ans de prison pour quiconque se rendrait coupable de lèse-majesté envers le roi, sa femme et leurs descendants, mais aussi ses aïeux. Les affaires de lèse-majesté ont été ouvertes en cascade par les militaires depuis le coup d'Etat. La loi martiale reste en vigueur, interdisant toute critique ou manifestation.
"La cour considère que leurs actions dans le cadre d'une pièce jouée devant un large public a porté un grave préjudice à la monarchie", a conclu le juge, lisant l'énoncé du verdict devant une salle d'audience bondée de reporters, tant cette affaire est devenue un symbole de la répression contre la liberté de parole.
La pièce "La fiancée du loup" avait été jouée en octobre 2013 dans la prestigieuse université Thammasat de Bangkok pour le 40e anniversaire d'une révolte étudiante réprimée dans le sang par...


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