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Économie

France : la faible inflation explique-t-elle la dérive budgétaire ?

L'inflation mesurée par l'indice des prix à la consommation (CPI) vient de passer en négatif en janvier (-0.4 % sur un an). C'est une situation presque inédite. En soixante ans, le cas ne s'est produit que durant quelques mois de 2009. À l'époque, le choc déflationniste avait pour cause la grave crise financière et la récession associée. Cette fois-ci, il est avant tout d'origine pétrolière et pourrait se corriger plus rapidement. Quoi qu'il en soit, l'inflation va rester basse en 2015, faisant craindre des recettes fiscales inférieures aux attentes et un déficit budgétaire plus élevé.
Que vaut cet argument ?
L'évolution des prix à la consommation est neutre pour les impôts qui dépendent des volumes consommés (taxe sur les produits énergétiques) ou des prix immobiliers (droits de mutation). Sont en fait surtout concernées les recettes de TVA. Certes, en pesant sur l'inflation, le contre-choc pétrolier actuel réduit certaines recettes, mais il exerce aussi une reflation en soutenant le revenu des ménages.
Simultanément, la faible inflation modère les dépenses publiques indexées au CPI, soit légalement (prestations sociales), soit de fait (achats de biens et services par l'État).
Le déficit et la dette étant rapportés au PIB nominal, se pose la question de savoir si ces ratios ne sont pas mécaniquement détériorés par une inflation basse. La réponse est négative car la baisse des prix pétroliers affecte les prix à l'importation et les prix à la consommation. Les effets se compensent plus ou moins dans le déflateur du PIB. Pour la France, la Commission vient ainsi de réduire sa prévision d'inflation du CPI de 0,7 % à 0,0 % pour 2015, mais sans toucher l'évolution du prix du PIB (+0,8 %). Un gouvernement qui ne veut pas s'attaquer sérieusement à la réduction de ses dépenses trouvera toujours une excuse pour justifier son manque de résultats.
La faiblesse de l'inflation est un argument peu convaincant, surtout en un moment où tous les éléments d'une reprise cyclique se mettent en place.

L'inflation mesurée par l'indice des prix à la consommation (CPI) vient de passer en négatif en janvier (-0.4 % sur un an). C'est une situation presque inédite. En soixante ans, le cas ne s'est produit que durant quelques mois de 2009. À l'époque, le choc déflationniste avait pour cause la grave crise financière et la récession associée. Cette fois-ci, il est avant tout d'origine pétrolière et pourrait se corriger plus rapidement. Quoi qu'il en soit, l'inflation va rester basse en 2015, faisant craindre des recettes fiscales inférieures aux attentes et un déficit budgétaire plus élevé.Que vaut cet argument ?L'évolution des prix à la consommation est neutre pour les impôts qui dépendent des volumes consommés (taxe sur les produits énergétiques) ou des prix immobiliers (droits de mutation). Sont en fait surtout...
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