Des groupes des droits de l'Homme ont lancé une nouvelle campagne pour libérer des militants syriens détenus par les autorités ou par les rebelles à l'occasion lundi du troisième anniversaire de l'incarcération d'un de ces militants, l'avocat Mazen Darwish.
Baptisée "Des coeurs entre nos mains", cette campagne impliquant Human Rights Watch, Amnesty International et d'autres ONG syriennes a pour objectif d'attirer l'attention sur le sort de milliers de Syriens, particulièrement des médecins, journalistes et avocats, arrêtés arbitrairement depuis le début du conflit.
Journaliste, défenseur des droits de l'Homme et directeur du Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression, Mazen Darwich avait été arrêté avec deux de ses collègues le 16 février 2012 à Damas lors d'un raid des forces syriennes de sécurité.
M. Darwich et ses collègues sont emprisonnés dans une prison des services de renseignement de l'armée de l'air syrienne à Damas, selon les ONG qui ont appelé à plusieurs reprises les autorités syriennes à les "libérer sans condition".
La campagne invite les participants à envoyer sur Twitter des messages de soutien avec le hashtag #freeSYvoices.
La femme de M. Darwich, Yara Bader, a dénoncé l'arrestation de son mari et des autres militants comme étant une "atteinte violente à l'expression pacifique". "Ce que Mazen et les autres qui subissent le même sort essayaient de faire, c'était d'amener un réel changement en Syrie par des moyens non violents, reconnaissant la dignité de tous", a-t-elle déclaré dans un communiqué.
"En enfermant ces personnes, le régime veut assurer que le seul espace disponible en Syrie soit la brutalité, la violence et l'inhumanité à grande échelle."
Le 9 juin, après avoir été largement réélu lors d'un scrutin tenu uniquement dans les zones contrôlées par le régime, M. Assad avait annoncé une amnistie sans précédent, promettant la liberté à des dizaines de milliers de prisonniers y compris M. Darwich et d'autres activistes.
Mais selon des avocats, seules 1 200 à 1 500 personnes ont été libérées, dont très peu de militants politiques ou de civils détenus par le régime de manière arbitraire.
Des groupes rebelles ont eux aussi emprisonné des milliers de Syriens, y compris des militants comme Razan Zeitouné, Waël Hamada, Samira Khalil et Nazem al-Hamadi, enlevés en décembre 2013 dans la zone rebelle de Douma dans la banlieue de Damas.
Selon des ONG, environ 100 000 personnes ont été emprisonnées depuis le début de la révolte en mars 2011 contre le régime de Bachar el-Assad, qui s'est transformée face à la répression en un conflit armé complexe qui a fait plus de 210 000 morts.
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Syrie: Nouvelle campagne pour libérer les militants des droits de l'homme
AFP / le 16 février 2015 à 11h45


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