L'ambassade d'Italie à Tripoli a "suspendu dimanche ses activités en raison de l'aggravation des conditions de sécurité", et son personnel a "été rapatrié à titre provisoire", a annoncé un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
Il s'agit de la dernière ambassade occidentale en Libye à évacuer son personnel.
"Une aide logistique" a aussi été offerte aux ressortissants italiens pour qu'ils "quittent temporairement le pays", a ajouté le communiqué. "Les services essentiels" de l'ambassade "resteront assurés", a-t-il cependant assuré.
La Marine militaire escortait un bateau pour permettre le transfert dans de bonnes conditions des Italiens à travers la Méditerranée.
"Il s'agit d'un allègement de la présence italienne, non d'une évacuation", soulignait-on à la Farnesina, le ministère des Affaires étrangères.
Le ministère invitait ses ressortissants à quitter le pays depuis le 1er février en raison de l'insécurité croissante qui y règne.
La suspension des activités de l'ambassade a été décidée après divers épisodes hostiles dans les centres urbains, y compris Tripoli, à l'encontre de l'Italie et des ressortissants italiens.
Une centaine d'Italiens se trouvaient encore ces derniers jours en Libye. Ils étaient venus au cours des dernières années pour leur travail, notamment pour le compte de la société ENI (gaz et pétrole).
Un récent attentat contre un hôtel à Tripoli et la progression de milices jihadistes proches du groupe Etat islamique (EI) en divers endroits inquiètent l'Italie, qui souhaite participer à une opération militaire de maintien de la paix dans le cadre de l'Onu.
Dans une interview au quotidien La Stampa, le représentant du Vatican à Tripoli (vicaire apostolique), Mgr Giovanni Martinelli, de nationalité italienne, a déclaré "vouloir rester pour le moment" en solidarité avec "environ 300 Philippins" catholiques restés à Tripoli.
Les autres chancelleries ont suspendu leurs activités en Libye cet été après qu'une coalition de milices (Fajr Libye) s'est emparée de la capitale au terme de combats meurtriers et après la multiplication des attaques contre ambassades et diplomates.
D'autres pays, notamment africains, maintiennent leur dispositif dans la capitale libyenne. Mais la plupart des pays arabes, comme l'Egypte, les Emirats arabes unis, la Tunisie, l'ALgérie ou l'Arabie saoudite ont aussi fermé leurs ambassades et ont évacué leurs personnels diplomatiques.
Toutes les compagnies aériennes étrangères ont aussi suspendu leurs vols vers et depuis la Libye.
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Libye : l'ambassade d'Italie suspend ses activités, son personnel rapatrié
AFP / le 15 février 2015 à 15h02


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