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Liban - Intempéries

Yohan « le destructeur » plonge les Libanais dans le noir

La tempête devrait perdre de son intensité dans l'après-midi. EDL rétablira-t-elle le courant aussi rapidement que promis ?

Les vagues et le vent ont endommagé la jetée du port de pêche.

De nombreuses régions du pays privées d'électricité depuis plusieurs jours en raison des dégâts considérables sur le réseau de basse tension, d'importantes pannes sur l'ensemble du territoire et un rationnement drastique du courant lié à une baisse sensible de la production, même dans la capitale. Sans oublier les villages de haute montagne isolés par la neige, les routes impraticables et les dégâts causés par Dame Nature sur le littoral : telle est la conséquence de la tempête Yohan qui continue de frapper le pays de plein fouet, avec ses pluies torrentielles, ses basses températures, ses orages et ses vents violents, mais qui devrait commencer à diminuer d'intensité dans l'après-midi.

 

Fatmagül raccordé après une interruption préventive
C'est par un communiqué qu'Électricité du Liban s'est expliquée hier : « La tempête a provoqué des dégâts considérables sur le réseau et une importante baisse de la production, ce qui a entraîné un rationnement supplémentaire du courant dans l'ensemble du pays, jusqu'au sein du Beyrouth administratif. » Le communiqué précise que « le navire turc producteur d'électricité Fatmagül a été isolé du réseau en raison de la grosseur des vagues ». Il devait être raccordé de nouveau hier dans l'après-midi. C'est ce qu'a confirmé à L'Orient-Le Jour une source d'EDL, soulignant que l'interruption de l'activité du navire turc était « préventive et momentanée », destinée « à préserver ses installations », à cause de la force de la tempête. « La production aurait même atteint 600 mégawatts durant le pic de la tempête, alors que la production moyenne est d'environ 1 500 mégawatts en temps normal », révèle la source. Quant au navire Orhan Bey, deuxième navire turc producteur d'électricité basé à Jiyeh, il a continué à distribuer le courant, sans interruption.
Si les choses ne peuvent que s'améliorer après la tempête, la source à EDL préfère ne pas donner de détails sur la sévérité du rationnement. « Les réparations des dégâts du réseau sont en cours, mais les équipes dépêchées sur le terrain constatent régulièrement de nouveaux dégâts, car la tempête se poursuit », observe-t-elle. Elle précise à ce propos que « certaines régions montagneuses sont difficiles d'accès, car recouvertes par la neige ».

 

(Voir aussi: Yohan balaie le Liban : les images)


Il faut dire aussi que la tempête a endommagé certaines unités de production dans les centrales électriques, comme l'indique le communiqué d'EDL. À savoir, une unité de production à la centrale de Deir Ammar, une autre unité à la centrale de Zouk, de même que deux unités à la centrale de Jiyeh. Notons qu'une mer démontée empêche le refroidissement des turbines des centrales électriques, car les saletés de la mer bloquent les conduites d'eau, entraînant la surchauffe et l'arrêt des turbines. À ces pannes de production s'ajoute « l'interruption depuis le 5 février, pour des travaux urgents d'entretien, de l'activité d'une unité de production à la centrale de Deir Ammar ». Une interruption provisoire, car la production devait reprendre hier.
« EDL préviendra les citoyens des développements », conclut le communiqué, après avoir affirmé que « les travaux sont en cours pour un retour à la normale dans les plus brefs délais ». Mais vu la crise sociale qui a touché l'office autonome en 2014, on ne peut que s'interroger sur la capacité des prestataires de service à assurer une maintenance optimale.

 

Villages isolés par la neige
Sur un autre plan, et à l'heure où Yohan vit ses dernières heures, de nombreuses régions de haute montagne ont été isolées ou paralysées par la neige. Si la route de Dahr el-Baïdar demeure praticable aux voitures munies de chaînes et aux véhicules tout terrain, celle de Tarchiche-Zahlé est bloquée par la neige. De même que les hauteurs de Tannourine, recouvertes d'une soixantaine de centimètres de neige, et dont seules les routes principales ont été dégagées par les chasse-neige. Quant aux routes qui relient Tannourine à Laqlouq et à Hadeth el-Jebbé, elles sont aussi impraticables. Même état des lieux dans le jurd de Jbeil dont les villages ont été recouverts par la neige, notamment Kartaba, Laqlouq et Akoura, alors qu'à Hrouf, les pluies torrentielles ont endommagé les serres.
Dans le Akkar, où la neige est tombée dru et les températures ont accusé une baisse sensible, les municipalités ont déployé les grands moyens pour empêcher la fermeture des routes principales. Nombre de routes demeurent toutefois bloquées, à partir de 1 200 mètres, comme celle de Kammouha-Karm Chbat et Mechmech-Marjahine. Quant aux champs agricoles balayés par des pluies torrentielles, ils ont subi leur lot de dégâts.
Les hauteurs de l'Iklim al-Touffah n'ont pas échappé aux intempéries, notamment les villages de Jarjouh, Jbah, Aramta : routes coupées, écoles fermées, villageois retenus chez eux, partout, le scénario était le même, à partir de 800 mètres d'altitude. On notait parallèlement une hausse du niveau des fleuves Zahrani et Litani.


Violemment touchée par la tempête, isolée du reste du pays par la neige qui a touché les villages à partir de 500 mètres d'altitude, la région de Chebaa a vu l'intervention de la Croix-Rouge pour l'évacuation de réfugiées syriennes sur le point d'accoucher. Des bergers ont par ailleurs constaté la perte d'une partie de leurs bêtes, à cause du grand froid.
Sur le littoral, comme la veille, le vent violent et les vagues, toujours très hautes, ont causé d'importants dégâts, du nord au sud. À Jiyeh, la jetée du port de pêche s'est effondrée. De même les poteaux électriques ont été emportés par les vagues, nécessitant l'intervention de la Défense civile.
Les services de météorologie annoncent une amélioration progressive du temps aujourd'hui dans l'après-midi. Pluie et neige continueront toutefois à tomber jusqu'à dimanche.

 

Pour mémoire

Yohan, ou la force dévastatrice des vents

De nombreuses régions du pays privées d'électricité depuis plusieurs jours en raison des dégâts considérables sur le réseau de basse tension, d'importantes pannes sur l'ensemble du territoire et un rationnement drastique du courant lié à une baisse sensible de la production, même dans la capitale. Sans oublier les villages de haute montagne isolés par la neige, les routes impraticables et les dégâts causés par Dame Nature sur le littoral : telle est la conséquence de la tempête Yohan qui continue de frapper le pays de plein fouet, avec ses pluies torrentielles, ses basses températures, ses orages et ses vents violents, mais qui devrait commencer à diminuer d'intensité dans l'après-midi.
 
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