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Le Sri Lanka veut retarder un rapport de l'ONU sur des crimes de guerre

Le Sri Lanka a réclamé mercredi un ajournement d'un rapport de l'ONU attendu en mars sur d'éventuels crimes de guerre perpétrés durant la guerre civile dans l'île, le temps pour Colombo de mettre en place sa propre juridiction.

Le chef de la diplomatie sri-lankaise Mangala Samaraweera a lancé cet appel à Washington où il doit rencontrer jeudi son homologue américain John Kerry, après l'élection spectaculaire début janvier du nouveau président Maithripala Sirisena. Une transition démocratique fort bien accueillie aux Etats-Unis et en Europe.

Le prédécesseur du président Sirisina, l'ancien homme fort Mahinda Rajapakse, fut l'artisan de l'écrasement militaire en 2009 de la rébellion des Tigres tamouls après plus de trois décennies de guerre civile. Mais en mars 2014, le Conseil des droits de l'homme des Nations unies avait lancé une enquête -- confiée au Haut commissariat aux droits de l'homme de l'ONU -- sur d'éventuels crimes de guerre commis à la fin du conflit: plus de 40 000 civils tamouls auraient été tués lors de l'offensive finale de l'armée au printemps 2009 et des estimations évaluent à 100 000 le nombre de morts durant toute la guerre commencée en 1972.

Le Haut commissariat doit faire connaître ses conclusions en mars, au cours de la prochaine session régulière du Conseil. "En demandant à la communauté des droits de l'homme d'être patiente, il ne s'agit pas de chercher à gagner du temps. Mais nous sommes en train d'essayer de mettre sur pied un mécanisme interne" judiciaire, a fait valoir M. Samaraweera, lors d'une conférence à la fondation Carnegie.
"Nous espérons que le rapport, qui doit être publié à Genève le 2 mars, puisse être retardé jusqu'à ce que le mécanisme (judiciaire sri-lankais) soit en place", a plaidé le ministre des Affaires étrangères.

Le nouveau régime à Colombo a déjà donné son feu vert à une enquête nationale sur les accusations de crimes de guerre. Cette juridiction locale "pourra être créée en deux mois maximum et le rapport (de l'ONU) pourra ensuite être transmis au Sri Lanka", a dit M. Samaraweera.
"Contrairement au précédent gouvernement, nous ne sommes pas dans le déni (...) Nous sommes prêts à garantir que ceux qui ont violé les droits de l'homme au Sri Lanka seront traduits en justice", a assuré le ministre, soulignant que son pays n'était "pas signataire du Statut de Rome", traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI) compétente en matière de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis depuis le 1er juillet 2002.

Le Sri Lanka a réclamé mercredi un ajournement d'un rapport de l'ONU attendu en mars sur d'éventuels crimes de guerre perpétrés durant la guerre civile dans l'île, le temps pour Colombo de mettre en place sa propre juridiction.
Le chef de la diplomatie sri-lankaise Mangala Samaraweera a lancé cet appel à Washington où il doit rencontrer jeudi son homologue américain John Kerry, après l'élection spectaculaire début janvier du nouveau président Maithripala Sirisena. Une transition démocratique fort bien accueillie aux Etats-Unis et en Europe.
Le prédécesseur du président Sirisina, l'ancien homme fort Mahinda Rajapakse, fut l'artisan de l'écrasement militaire en 2009 de la rébellion des Tigres tamouls après plus de trois décennies de guerre civile. Mais en mars 2014, le Conseil des droits de l'homme des Nations unies...