Les ministres des Finances et les banquiers centraux des pays du G20 ont souligné la nécessité de conserver des politiques monétaires accommodantes dans plusieurs économies avancées. Archives/AP
Les grands argentiers du G20 ont affiché hier leur bonne entente à Istanbul sur la croissance ou la lutte contre le financement du terrorisme, mais ont divergé en coulisses sur les sujets moins consensuels comme la Grèce ou le pétrole, a rapporté l'AFP.
Dans une version provisoire de leur communiqué final, les ministres des Finances et banquiers centraux des vingt premières économies mondiales ont pris acte d'une « perspective toujours favorable pour la croissance et l'emploi dans certaines économies », mais se sont inquiétés d'une « reprise lente », voire d'un risque de « stagnation persistante » chez certaines autres, en particulier au Japon ou dans la zone euro. Ils ont donc promis d'agir « de manière déterminée » contre ces risques, sur le front monétaire comme budgétaire, selon ce texte dont l'AFP a obtenu une copie. Mais une lecture entre les lignes de ce document dont chaque virgule est soupesée permet de déceler certaines divergences.
Ainsi, le G20 y a souligné le « rôle essentiel de la politique budgétaire pour (...) soutenir la demande domestique ». Une pierre dans le jardin de l'Allemagne qui se voit reprocher de ne pas faire plus de relance malgré ses exportations record et ses budgets équilibrés.
Le projet de communiqué final a également prudemment évoqué la chute des prix du pétrole, estimant qu'elle allait permettre « de revoir leurs politiques budgétaires ». Ainsi, les ministres ont appelé à « favoriser les investissements et des transferts mieux ciblés », et à saisir l'occasion de « réduire encore des subventions inefficaces ».
La Grèce en coulisses
La réunion d'Istanbul a aussi été l'occasion d'aborder en coulisses le sujet hautement sensible de la Grèce.
Le nouveau gouvernement d'Alexis Tsipras, issu du parti de la gauche radicale Syriza, veut s'affranchir des anciens accords passés avec ses créanciers, synonymes d'austérité, et réclame à ses partenaires un financement d'urgence le temps de préparer un programme de réformes et de désendettement.
Sans soutien international, la Grèce, qui bénéficie d'une aide internationale jusqu'à fin février mais ne peut plus se financer de manière autonome, risque le défaut de paiement. Mais l'Allemagne refuse qu'Athènes bénéficie d'une rallonge sans se soumettre à un programme d'aide en bonne et due forme, synonyme de discipline budgétaire, ce qu'a encore répété en Turquie son ministre des Finances Wolfgang Schäuble.

