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Liban - En Toute Liberté

Guérir le mal par le mal ?

Il y a quelque chose de profondément choquant dans la réaction d'al-Azhar, la plus haute instance religieuse sunnite en Égypte et l'une des plus influentes du monde arabe, au supplice de l'immolation par le feu infligé au pilote jordanien capturé par Daech.
Indigné par cet acte barbare, le grand imam d'al-Azhar, cheikh Ahmad el-Tayyeb, a vivement condamné le crime qui, selon lui, « nécessite la punition prévue dans le Coran pour ces agresseurs corrompus qui combattent Dieu et Son Prophète : la mort, la crucifixion ou l'amputation de leurs mains ou de leurs pieds », d'après un communiqué de cette institution.


C'est guérir le mal par le mal, alors même qu'on dénonce le caractère rétrograde, barbare et primitif de la doctrine wahhabite fondamentaliste qui inspire le groupe État islamique. C'est aussi réduire le conflit entre cette organisation et les pays arabes environnants à un conflit politique, alors qu'on le voudrait d'abord, et essentiellement, un conflit religieux sur la nature véritable de l'islam, aux prolongements politiques et militaires.
Al-Azhar avait pourtant pris ses distances à l'égard de cette doctrine, dans un effort pour soumettre à l'interprétation de la raison les prescriptions coraniques marquées par la violence, et prôner la voie médiane de la modération et la lutte contre le terrorisme jihadiste.
Or, que veut dire, rationnellement, « tuer, crucifier et amputer » les agresseurs (en l'occurrence, les agresseurs d'un musulman sunnite) ? C'est tout simplement, en langage moderne, « les mettre hors d'état de nuire » et sanctionner sévèrement ceux d'entre eux que l'on parvient à arrêter. Ni plus ni moins. Les agresseurs seraient « derrière les barreaux » plutôt que « crucifiés », et « amputés » de leur liberté plutôt que de leurs mains et de leurs pieds. Quant à la peine de mort, elle serait matière à débat. Mais en tout état de cause, nous n'aurions plus besoin de nous référer à des prescriptions d'un autre temps, d'offrir de Dieu une image déformée, tronquée, caricaturale, et de justifier notre violence en Son nom.


On est surpris de constater que le chef d'al-Azhar, sous des dehors d'ouverture, en soit encore à réfléchir dans les mêmes termes que l'organisation qu'il combat. On veut croire qu'il s'agit d'une réaction à vif et souhaiter que l'indignation ne l'égare plus dans ces parages. Qu'en pense donc Dar el-Fatwa, si proche d'al-Azhar ?

Il y a quelque chose de profondément choquant dans la réaction d'al-Azhar, la plus haute instance religieuse sunnite en Égypte et l'une des plus influentes du monde arabe, au supplice de l'immolation par le feu infligé au pilote jordanien capturé par Daech.Indigné par cet acte barbare, le grand imam d'al-Azhar, cheikh Ahmad el-Tayyeb, a vivement condamné le crime qui, selon lui, « nécessite la punition prévue dans le Coran pour ces agresseurs corrompus qui combattent Dieu et Son Prophète : la mort, la crucifixion ou l'amputation de leurs mains ou de leurs pieds », d'après un communiqué de cette institution.
C'est guérir le mal par le mal, alors même qu'on dénonce le caractère rétrograde, barbare et primitif de la doctrine wahhabite fondamentaliste qui inspire le groupe État islamique. C'est aussi réduire le...
commentaires (5)

ET AL AZHAR A ÉTÉ CLÉMENT DE NE DEMANDER QUE DE TELS PEINES POUR CES ANIMAUX ENRAGÉS... LE PLUS GRAND MAL SEUL PEUT DÉRACINER LE MAL... DES MERCENAIRES SEULS PEUVENT ÉRADIQUER D'AUTRES MERCENAIRES... l'ABRUTISSEMENT DÉMOCRATIQUE... DANS CES CAS... EST UNE GRAVE ERREUR !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

14 h 40, le 06 février 2015

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Commentaires (5)

  • ET AL AZHAR A ÉTÉ CLÉMENT DE NE DEMANDER QUE DE TELS PEINES POUR CES ANIMAUX ENRAGÉS... LE PLUS GRAND MAL SEUL PEUT DÉRACINER LE MAL... DES MERCENAIRES SEULS PEUVENT ÉRADIQUER D'AUTRES MERCENAIRES... l'ABRUTISSEMENT DÉMOCRATIQUE... DANS CES CAS... EST UNE GRAVE ERREUR !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    14 h 40, le 06 février 2015

  • L'Islam doit etre reforme, revu et corrige, sinon, le monde entier en souffrira. Que ce soit les Chiites ou les Sunnites, tous les deux presentent des reflexes sauvages..

    IMB a SPO

    13 h 37, le 06 février 2015

  • La réponse est: La même chose sinon il l'aurait exprime différemment. Nous sommes donc devant une impasse tant que les instances islamiques ne se décident pas a procéder a une relecture du Coran pour lui donner une explication plus humaine et rationnelle, quitte a en annuler certains versets qui ne peuvent être divin.

    Pierre Hadjigeorgiou

    12 h 36, le 06 février 2015

  • On ne guerit rien du tout , la violence est ancree en nous et ressortira chez chacun de nous confronte a une meme situation ! Dans les societes "civilisees occidentles" la violence n'existe t-elle pas ? dans les societies dites policees au sein des familles dites eduquees la violence est elle inexistente ? arretons un peu de tout melanger , islam , violence, civilisation fatwa etc... on tombe toujours dans le manicheisme du bon occidental et du sanguinaire musulman . On sait que l'occident est violent quand il domine en terres occupees , les geoles en terre usurpees sont d'une violence inouie , abou ghreib en irak etait le fait de violence d'une armee qu'on croyait venu pacifier et civiliser . "La liberté de nous marrer sans aucune retenue, la loi nous la donnait déjà, la violence systématique des extrémistes nous la donne aussi". Cette citation est de Charb , et sans me sentir Charlie , je me dis parfois , il vaut mieux en rire .

    FRIK-A-FRAK

    12 h 20, le 06 février 2015

  • "On est surpris de constater que le chef d'al-Azhar en soit encore à réfléchir dans les mêmes termes que l'organisation qu'il combat. Qu'en pense donc Dar el-Fatwa, si proche d'al-Azhar ?" ! Excellente question.... mais que pense alors Bkerké, si proche du Vatican, de la peine de mort surtout par pendaison ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 37, le 06 février 2015

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