L'ordre des médecins a rapidement réagi à la démarche prise par le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, qui a demandé au parquet d'ouvrir le dossier des erreurs médicales, estimant que l'ordre n'a pas pris des mesures sur ce plan, malgré l'augmentation du nombre d'erreurs médicales. Hier, le président de l'ordre, le Dr Antoine Boustany, a affirmé que « ces accusations ne sont pas basées sur des faits scientifiques ». Au cours d'une conférence de presse, il a expliqué que depuis 1996, l'ordre a reçu plus de 1 200 plaintes. « Suite à une enquête, quelque 400 médecins ont été déférés devant le conseil disciplinaire, a-t-il ajouté. Des jugements ont été émis à l'encontre de plus de 300 d'entre eux après qu'il ait été prouvé qu'ils avaient commis des erreurs ou une négligence professionnelle. » Le Dr Boustany a précisé que dans le cadre des décisions prises par le conseil disciplinaire, « cinquante » médecins « ont été interdits d'exercer leur profession pour des périodes variables, certaines allant même jusqu'à interdire au spécialiste d'exercer sa profession sur le territoire libanais ».
« En 2014, nous avons reçu 67 plaintes dont onze ont été déférées devant le conseil disciplinaire », a ajouté le président de l'ordre. Et d'insister : « Nous avons invité le ministre à assister à l'une des séances pour qu'il observe le processus selon lequel l'enquête est menée, mais il n'a pas répondu présent. Idem pour les responsables du ministère, qui ne sont pas venus non plus. »
Le Dr Boustany s'est par la suite penché sur le dossier de la prescription médicale unifiée. Il s'est demandé dans ce cadre quelle est la relation des milliers de médecins avec l'impression ou non de ladite prescription pour que la loi sur la séparation des honoraires soit gelée par une décision ?
« Il y a une fronde parmi les médecins que nous essayons de juguler, a-t-il déclaré. Nous ne pensons pas que nous pouvons attendre longtemps. C'est la raison pour laquelle le conseil de l'ordre a décidé de saisir le Conseil d'État pour suspendre les effets de cette décision. Nous espérons que les médecins n'auront pas recours à l'escalade. »
Par ailleurs, le ministre Bou Faour a annulé hier le permis d'exercice du dentiste F. S., « sur base des jugements judiciaires émis à son encontre et parce qu'il a enfreint les dispositions de l'article 9 du code de déontologie professionnelle selon laquelle est interdite d'exercer la profession tout dentiste ayant commis un délit ou ayant été jugé pour un délit ».
Notons que le dentiste avait été déféré devant le parquet pour avoir utilisé de fausses prescriptions afin d'obtenir des fonds de la Caisse nationale de Sécurité sociale.
Liban
Erreurs médicales : l’ordre des médecins répond au ministre de la Santé
OLJ / le 05 février 2015 à 00h00


Quel intérêt à annuler le permis d'exercice du dentitste et d'en taire le nom? Comment pouvons nous savoir qui c'est pour ne pas aller chez lui???
07 h 03, le 05 février 2015