Jean-François Copé, ex-chef du parti de droite français UMP (opposition), a été inculpé mardi d'"abus de confiance" dans une affaire liée à un dépassement illégal des dépenses de campagne présidentielle 2012 de Nicolas Sarkozy, selon des sources judiciaires.
Cette inculpation (mise en examen en droit français) est liée au paiement par l'UMP en novembre 2013 de pénalités financières infligées personnellement à M. Sarkozy après le rejet de ses comptes par le Conseil constitutionnel.
M. Copé, qui a tenu les rênes de l'UMP de 2012 jusqu'à sa démission en juin dernier, est le deuxième ancien dirigeant du parti à être mis en cause dans cette affaire, après son ex-trésorière, Catherine Vautrin.
"L'honnêteté et l'intégrité" de Jean-François Copé "ne sont nullement mis en cause", ont assuré ses avocats dans un communiqué.
Entendu mardi par les deux juges financiers chargés de l'enquête, M. Copé "a pleinement assumé la prise en charge par l'UMP des conséquences financières de la décision du Conseil constitutionnel", a déclaré à la presse l'un de ses défenseurs, Me Hervé Temime.
"Nous sommes en parfait désaccord avec les magistrats instructeurs (sur le fait) que le paiement de ces sommes constituerait un abus de confiance", a-t-il ajouté.
Le rejet des comptes de la campagne présidentielle 2012 de Nicolas Sarkozy, en raison du dépassement du plafond autorisé de dépenses, avait lourdement grevé les finances de l'UMP en la privant du remboursement par l'Etat de plus de 10 millions d'euros.
La formation, alors en grande difficulté financière avec une dette estimée à plus de 70 millions d'euros, avait lancé avec succès auprès de ses militants une vaste collecte, ironiquement baptisée à l'époque "Sarkothon" par les médias.
Mais, conformément au code électoral français, le candidat Sarkozy s'était également vu infliger, à titre personnel, des pénalités dont l'UMP s'était acquittée à sa place, en novembre 2013.
Revenu à la présidence du parti en novembre 2014, Nicolas Sarkozy a finalement remboursé le mois suivant l'UMP en émettant un chèque de plus de 360.000 euros. Mais ce geste n'avait pas arrêté la procédure judiciaire en cours.
La droite française n'en finit pas de solder les comptes de la présidentielle de 2012, perdue par Nicolas Sarkozy face au socialiste François Hollande.
Dans un autre scandale lié aux finances de cette campagne, l'affaire Bygmalion, sept personnes, dont un ancien cadre de l'UMP proche de Nicolas Sarkozy, ont été inculpées au cours des derniers mois.
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France : Copé, ex-chef de l'UMP, inculpé dans une affaire de comptes de campagne de Sarkozy
AFP / le 03 février 2015 à 16h16


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