La campagne de vaccination préventive contre la poliomyélite qui a été menée pendant douze mois dans huit pays du Moyen-Orient a réussi à stopper la progression de la maladie dans cette région du monde, après l'apparition de plus de trente-huit cas en Syrie et en Irak.
La maladie semble être circonscrite, selon des experts réunis récemment à Beyrouth. Dans un communiqué, l'Unicef et l'Organisation mondiale de la santé expliquent qu'à la suite du diagnostic de ces cas, une vaste campagne de vaccination a été menée au Liban, en Syrie, en Irak, en Jordanie, en Égypte, en Turquie, en Iran, ainsi qu'à Gaza et en Cisjordanie, ciblant quelque 27 millions d'enfants âgés entre 0 et 5 ans. Plus d'un an est passé depuis l'apparition du dernier cas en Syrie et neuf mois depuis le dernier cas en Irak.
« Dans des conditions normales, nous aurions dit que l'épidémie a été stoppée, a déclaré Maria Calivis, directrice régionale de l'Unicef au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Mais vu que les conflits se poursuivent, l'Unicef et ses partenaires n'épargneront aucun effort pour assurer aux enfants la protection dont ils ont besoin contre cette terrible maladie. »
Selon les experts réunis au Liban, de nombreux enfants auraient pu ne pas recevoir régulièrement le vaccin, en raison des combats en Syrie et en Irak. C'est la raison pour laquelle d'autres campagnes de vaccination doivent encore être menées au cours des prochains mois, ont-ils estimé.
Selon Chris Maher, responsable à l'OMS de l'éradication de la maladie, la prochaine étape consistera à « atteindre tous les enfants dans la région, même ceux qui vivent dans les régions les plus affectées par les conflits ».
Il convient de rappeler que l'OMS avait confirmé l'épidémie en Syrie fin 2013, faisant état d'au moins dix cas de paralysie, c'est-à-dire près de quatorze années après la disparition de la maladie en 1999. La réapparition de la poliomyélite s'explique essentiellement par la dégradation des infrastructures sanitaires et des campagnes de vaccination. L'OMS avait affirmé que le virus venait du Pakistan. La maladie a également affecté l'Irak où parfois la vaccination a été entravée dans certains endroits à cause des combats.
Maladie très contagieuse, la poliomyélite se traduit par un symptôme grippal avec une fièvre, une fatigue, des maux de tête, des vomissements, une raideur de la nuque et des douleurs dans les membres du corps. La maladie est due au poliovirus qui se multiplie dans l'intestin et se transmet principalement par voie oro-fécale. Tout le monde ne développe pas la maladie. Néanmoins, lorsqu'on parle d'un cas déclaré de poliomyélite, c'est-à-dire d'un cas de paralysie due au virus, cela signifie que 200 personnes sont déjà porteuses du virus.
La campagne de vaccination préventive vise ainsi à créer cette immunité intestinale. Selon les calendriers de vaccination nationale des pays, tout enfant doit recevoir le vaccin injectable. Or, celui-ci assure une protection individuelle à l'enfant, mais ne l'empêche pas d'être porteur du virus. D'où l'importance de ces campagnes massives, dans le cadre desquelles le vaccin oral est administré aux enfants. Celui-ci permet en fait de créer cette immunité intestinale, empêchant le virus de s'y multiplier. Un hic, toutefois. Le vaccin oral peut représenter un risque pour les personnes souffrant d'une déficience immunitaire sévère (cancer, sida...), puisqu'il est constitué de souches virales atténuées. S'ils reçoivent le vaccin, ces enfants pourront développer une poliomyélite vaccinale, c'est-à-dire qu'ils développeront la maladie en réaction au vaccin. C'est la raison pour laquelle cette catégorie d'enfants a été exclue des campagnes de vaccination contre la poliomyélite menée à ce jour au Liban.
Santé - Santé Publique
La poliomyélite sur le point d’être stoppée au Moyen-Orient
Selon des experts de l'Organisation mondiale de la santé et de l'Unicef, d'autres campagnes de vaccination préventive contre la poliomyélite doivent encore être menées au cours des prochains mois.
OLJ / le 03 février 2015 à 00h00

