Un immense incendie a ravagé samedi à Moscou la principale bibliothèque universitaire de Russie, causant des dégâts à plus d'un million de documents historiques uniques et provoquant la consternation dans les milieux scientifiques qui ont évoqué un « Tchernobyl » culturel. Selon les 2 000 m2 de la bibliothèque de l'Institut d'information scientifique des sciences humaines (Inion). Créée en 1918, elle rassemble plus de 10 millions de documents historiques (livres, journaux, etc.) datant du XVIe au XXe siècles et rédigés en plusieurs langues. « C'est une grande perte pour la science : il s'agit de la plus vaste collection de ce type dans le monde, équivalente, probablement, à la bibliothèque du Congrès » américain à Washington, s'est désolé le président de l'Académie des sciences Vladimir Fortov. « On trouve ici des documents impossibles à trouver ailleurs, tous les instituts de sciences humaines utilisent cette bibliothèque. Ce qui s'est passé rappelle Tchernobyl », a-t-il poursuivi, cité par les agences de presse russes. Selon M. Fortov, plus de 15 % des documents ont subi des dégâts et « leur tâche sera de les restaurer, les technologies existent pour cela ».
En outre, le fonds abrite l'une des collections les plus riches du monde de livres en langues slaves ainsi que des documents officiels en provenance du Royaume-Uni, d'Italie ou encore des États-Unis. Les flammes n'ayant au départ dévasté qu'une partie du bâtiment en béton abritant des bureaux et non les livres eux-mêmes, les responsables de la bibliothèque avaient dans un premier temps assuré que les documents n'étaient pas en danger. Mais l'ampleur du sinistre, qui a provoqué l'effondrement du toit sur 1 000 m2, les a rendus ensuite plus alarmistes.
Moyen Orient et Monde
Incendie ravageur dans la plus grande bibliothèque russe
OLJ / le 02 février 2015 à 00h00

