Spectaculaire opération antijihadiste à Lunel. Caroline Rossignol/AFP
Théâtre hier d'une spectaculaire opération antijihadiste, la ville de Lunel, dans le sud de la France, n'en finit plus de s'inquiéter des raisons de la radicalisation d'une vingtaine de ses jeunes, partis ces dernières années pour la Syrie.
Cinq proches présumés de ces exilés ont été arrêtés hier après une intervention des forces d'élite de la police française dans cette commune de 26 000 habitants proche de Montpellier, et dans deux autres villes de la région. « Si l'implication des personnes soupçonnées est confirmée par l'autorité judiciaire, ce sera donc une filière particulièrement dangereuse et organisée qui aura été démantelée ce matin, une de plus », a affirmé le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Depuis 2013, une vingtaine de jeunes de Lunel, âgés de 18 ans à 30 ans, sont partis pour la Syrie, selon les élus de la ville. Depuis octobre, six d'entre eux ont trouvé la mort en Syrie ou après être passés en Irak, selon les autorités françaises. « Derrière ces départs, il faut savoir qui il y a. Est-ce qu'il y a quelque chose d'organisé ? Avec l'opération de ce matin, c'est un début de réponse qui arrive », a commenté le maire de la ville Claude Arnaud (divers droite), après l'opération de police hier. « Quand vous avez une vingtaine de jeunes qui partent, six qui meurent et des filles qu'on ne reverra jamais, il y a un problème », constate Philippe Moissonnier, conseiller municipal, évoquant « une génération qui s'est radicalisée parce qu'il y a de la rancœur ».
« Les premières victimes des terroristes »
Par ailleurs, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, en visite dans un pays musulman pour la première fois depuis l'attaque contre Charlie Hebdo, a déclaré hier que le combat antiterroriste devait impérativement être gagné car « c'est un combat existentiel ».
Lors d'une conférence de presse au Koweït, M. Fabius a qualifié de « mensonge » et de « forfaiture » le fait de commettre des violences « au nom de la religion ». « Ce sont les musulmans que nous protégeons car ce sont les premières victimes des terroristes », a-t-il dit, ajoutant : « C'est un combat que nous devons absolument gagner, parce que c'est un combat existentiel. » Interrogé sur un éventuel financement du terrorisme par le Qatar, M. Fabius a déclaré : « Nous combattons le terrorisme, nous combattons donc aussi ceux qui financent le terrorisme. Si nous avions connaissance que tel ou tel État finançait le terrorisme, nous en tirerions évidemment les conséquences. » Pressé par l'AFP de clarifier sa position, le ministre français a souligné qu'au sujet du Qatar, « il fallait faire preuve ni de complaisance ni de médisance, donc ça veut dire qu'il faut tout simplement regarder quelle est la réalité et se situer par rapport à la réalité, et non pas par rapport à telle idée préconçue ».


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