Les six monarchies arabes du Golfe ont apporté mercredi leur soutien au président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi et accusé ses rivaux de la milice chiite d'Ansaruallah d'avoir mené un "coup de force contre le pouvoir légitime" en prenant d'assaut le palais présidentiel.
"Les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) considèrent que ce qui s'est passé mardi au Yémen représente un coup de force contre le pouvoir légitime", indique un communiqué publié à l'issue d'une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères du groupe à Riyad.
Le texte apporte un soutien sans faille du CCG à la "légalité constitutionnelle au Yémen représentée par le président" Hadi.
Il met fin au silence des pays du CCG, l'Arabie saoudite en tête, sur les derniers évènements au Yémen qui ont vu les miliciens chiites du mouvement Ansaruallah défier ouvertement le pouvoir par les armes.
Le communiqué souligne que "la sécurité du Yémen fait partie de celle des pays du CCG et que la stabilité du Yémen est sa priorité absolue".
Il affirme que le CCG va "prendre les mesures nécessaires pour protéger sa sécurité et ses intérêts vitaux au Yémen".
Après avoir qualifié de "terroriste" l'action des miliciens chiites ces derniers jours dans la capitale Sanaa, le CCG demande à ces miliciens de se retirer du palais présidentiel et du secteur de la résidence du Premier ministre yéménite Khaled Bahah.
Le CCG exige aussi la libération d'Ahmed Awad ben Moubarak, directeur de cabinet du président enlevé samedi dernier par les miliciens chiites, la normalisation de la situation à Sanaa et la reprise des services publics.
Si ces demandes sont satisfaites, le CCG est prêt à envoyer son émissaire à Sanaa pour contacter "toutes les forces politiques et mettre en oeuvre son initiative" au Yémen, souligne le texte.
Le CCG avait parrainé, avec l'ONU et des pays occidentaux, l'accord politique qui a permis en 2012 le départ de l'ancien président Ali Abdallah Saleh et son remplacement par M. Hadi et qui prévoit une transition politique au Yémen.
Les six monarchies du Golfe avertissent qu'elles ne sauraient accepter les actions consistant à "imposer les faits accomplis par la force" au Yémen.
Elles exhortent les miliciens chiites à "cesser de recourir à la force, à se retirer des positions qu'ils ont conquises et à remettre les armes qu'ils ont prises à l'armée et aux forces de sécurité".
Les monarchies du Golfe invitent enfin les miliciens chiites à "participer au processus politique" et toutes les forces politiques à éviter au Yémen le "risque de basculer dans plus de violences".


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