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Déplacés

Le flux de réfugiés syriens au Liban a baissé de 44 % en un an

La représentante du HCR a exprimé quelques réserves sur les nouvelles mesures gouvernementales.

Selon les informations du Haut-Commissariat de l'ONU, c’est dans la Békaa que se trouve la majorité des personnes déplacées de Syrie. Photo Jamal Saidi/Reuters

La représentante du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Ninette Kelley, a tenu hier une conférence de presse dans les locaux de l'agence onusienne à Beyrouth pour faire le point sur l'évolution de la situation de plus de 1 146 000 réfugiés syriens au Liban après les mesures prises par le gouvernement pour réduire le nombre d'arrivées.
Après avoir rappelé que le Liban « ne peut plus faire face à l'afflux de réfugiés », elle a relevé que, depuis octobre dernier, le gouvernement a pris de nouvelles mesures aux frontières pour freiner ce flux, réduisant les autorisations d'entrée sur le territoire libanais aux seuls cas « humanitaires ». Aux frontières, les Syriens doivent désormais remplir un formulaire pour être autorisés à entrer au Liban. Ils doivent spécifier le but de leur venue et la durée de leur séjour.


Mais la tendance à la baisse au niveau de l'afflux de réfugiés syriens a commencé il y a quelques mois. Selon Mme Kelley, en l'espace de trois mois, le nombre d'enregistrements de réfugiés syriens par le HCR est tombé de plus de 31 158 à 13 390. De manière générale, le nombre de nouveaux réfugiés syriens au Liban a baissé de 44 % en 2014, par rapport à l'année précédente. Le nombre mensuel d'enregistrements de Syriens auprès du HCR était de 52 283 en janvier 2014. Il est tombé à 13 990 en décembre de la même année.
Toutes les personnes qui ont fui la Syrie ne sont pourtant pas enregistrées auprès du HCR. Les longues files d'attente devant le siège à Jnah témoignent de la difficulté qu'elles éprouvent à régulariser leur situation. L'agence évalue dans un rapport leur nombre à 300 000, en plus des 1,2 million de leurs compatriotes enregistrés. Mais les réfugiés à cause de la guerre en Syrie ne sont pas les seuls déplacés : 315 000 Palestiniens et 55 000 Libanais rapatriés du pays voisin sont aussi en grande détresse. À tous ces nécessiteux s'ajoutent un million et demi de Libanais précaires, ce qui porte à 3,3 millions le nombre de personnes dans le besoin.
La responsable onusienne a exprimé quelques réserves sur les nouvelles mesures gouvernementales, en indiquant que leur signification n'a toujours pas été rendue publique par le ministère des Affaires sociales.

 

(Lire aussi : Conditions d'entrée des Syriens : un formulaire à remplir plutôt qu'un visa)

 

Des conditions extrêmement précaires
Selon les informations du Haut-Commissariat, c'est toujours dans la Békaa que se trouve la majorité des personnes déplacées de Syrie. Plus de 400 000 y demeurent dans des conditions extrêmement précaires. La plupart de ces personnes en grande difficulté sont logées dans des habitations à caractère temporaire ou dans des tentes. Le plan inter-agences d'aide pour l'hiver, qui court sur une période allant de novembre 2014 à février 2015, vise à « garder des centaines de milliers de déplacés syriens au sec et au chaud ». Une distribution de couvertures, de matelas, de combustible y compris pour les écoles, de poêles, de vêtements d'hiver pour les enfants et les adultes est assurée par plusieurs agences nationales et étrangères.
La tempête Zina, qui a frappé début janvier le pays, a encore accentué l'urgence de la situation.
« Le travail est sans fin. Une fois consolidées, les infrastructures auront à nouveau besoin d'être révisées dans un certain laps de temps », a poursuivi la représentante du HCR. En parallèle, les réfugiés n'ont pas vocation à rester toujours au Liban. Le gouvernement libanais reconnaît qu'un rapatriement des réfugiés « de fait » est la « solution durable préférable pour résoudre la crise ». Mais pour l'heure, il s'agit de garantir la stabilité du pays, menacée par cette absorption de populations qui fait exploser les compteurs du chômage.
L'insécurité est aussi l'un des problèmes liés à l'afflux de réfugiés. Le HCR assure « aider les personnes, quelles qu'elles soient », ce qui implique que des militants de l'État islamique auraient pu recevoir une assistance de l'agence des Nations unies, ce que ne nie pas sa représentante, qui ajoute : « C'est pour cela aussi que nous souhaitons que les réfugiés puissent s'établir loin des frontières. »
Les attaques à l'encontre de réfugiés par des riverains excédés ont été désignées comme étant des « phénomènes marginaux » par Ninette Kelley, qui a rappelé que, sur base d'un sondage effectué auprès de 900 déplacés, 70 % d'entre eux jugeaient leurs relations avec les Libanais « bonnes ».

 

(Pour mémoire : Réfugiés syriens au Liban : un état des lieux en infographies)

 

Une coopération étroite
La porte-parole a rappelé que le HCR travaille « en étroite collaboration avec le gouvernement ». C'est dans cette logique que s'inscrit le Plan libanais de réponse à la crise (LCRP), dévoilé mi-décembre, qui s'échelonne sur deux ans pour un budget de plus de deux milliards de dollars, impliquant 77 organisations nationales et internationales. Il vise à assurer l'assistance humanitaire et la protection des plus vulnérables, raffermir les pouvoirs publics aux niveaux national et local, et renforcer la stabilité économique, sociale, environnementale et institutionnelle du Liban.
Et si les tensions augmentaient au Liban-Sud après l'attaque israélienne contre le Hezbollah à Kuneitra en Syrie ? « Nous avons des plans s'il y a des problèmes au Liban-Sud, mais une telle situation serait absolument dramatique pour les réfugiés », conclut Ninette Kelley.

 

 


La représentante du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Ninette Kelley, a tenu hier une conférence de presse dans les locaux de l'agence onusienne à Beyrouth pour faire le point sur l'évolution de la situation de plus de 1 146 000 réfugiés syriens au Liban après les mesures prises par le gouvernement pour réduire le nombre d'arrivées.
Après avoir...

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