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Moyen Orient et Monde

Dans « Le Monde », le « Manifeste des libertés »

L'initiative de cette pétition qui affirme, en peu de mots et sans détour, la défense de la liberté revient à des intellectuels issus du monde arabe et musulman, regroupés autour du Manifeste des libertés. Celui-ci a été fondé à Paris en 2004, dans le but de contrer l'islamisme qui, en France comme ailleurs, aggravait la misogynie, l'homophobie, l'antisémitisme, et de défendre les principes universels violés par les dictatures du Proche-Orient et les droits du peuple palestinien opprimé par le régime israélien. Le Manifeste, dont Tewfik Allal est le coordinateur, a collecté des centaines de signatures qui ont afflué dès l'envoi du texte. Le caractère novateur de cette expérience, menée dès le jour de la tuerie à Charlie Hebdo, c'est la rapidité avec laquelle tout un monde de gens silencieux et frustrés s'est mis en branle. Elle a donné la mesure de la solitude et du désir d'en sortir d'un très grand nombre de personnes liées, d'une manière ou d'une autre, au monde musulman.
Ainsi retrouve-t-on côte à côte dans cette liste, qui ne cesse de grandir, des anonymes et des noms connus. L'idée était de ne pas s'enfermer dans le cadre d'une identité strictement musulmane – il se trouve des signataires issus de toutes les communautés –, mais d'affirmer la voix et la présence fortes de signataires de culture musulmane. La gravité de la situation l'exigeait. Aux cinq cents signatures imprimées dans Le Monde se sont ajoutées cinq cents autres au cours de la même journée. Ainsi, des auteurs ou des artistes connus, tels que Mohammad Harbi, Hanane el-Cheikh , Mona al-Tahawy, Etel Adnan, Ahmad Beydoun, Atik Rahimi, Abdellatif Laabi ou Youssef Abdelké, y côtoient des médecins, des chefs d'entreprise, des acteurs associatifs, des ingénieurs, des retraités. Le mathématicien turc, Ali Nesin, est en compagnie du philosophe iranien Daryus Shayegan.
Parmi les signataires politiques : l'ambassadrice palestinienne Leïla Chahid, et les anciens ministres Aziz Krichen, Abdallah Saaf et Fadela Amara. Mohammad Moussaoui, le président de l'UMF, Union des mosquées de France, Tarek Oubrou, grand imam de Bordeaux, et Jamel Oubechou, président de l'Institut des cultures d'islam, signent le même texte que Kamel Daoud, l'écrivain algérien, récemment condamné à mort par une fatwa, ainsi que Salman Rushdie. C'est totalement inédit. C'est un nouveau langage qui signifie qu'il n'est pas nécessaire d'être d'accord sur tout pour être d'accord sur l'essentiel : les valeurs humanistes universelles.

D. EDDÉ

L'initiative de cette pétition qui affirme, en peu de mots et sans détour, la défense de la liberté revient à des intellectuels issus du monde arabe et musulman, regroupés autour du Manifeste des libertés. Celui-ci a été fondé à Paris en 2004, dans le but de contrer l'islamisme qui, en France comme ailleurs, aggravait la misogynie, l'homophobie, l'antisémitisme, et de défendre les principes universels violés par les dictatures du Proche-Orient et les droits du peuple palestinien opprimé par le régime israélien. Le Manifeste, dont Tewfik Allal est le coordinateur, a collecté des centaines de signatures qui ont afflué dès l'envoi du texte. Le caractère novateur de cette expérience, menée dès le jour de la tuerie à Charlie Hebdo, c'est la rapidité avec laquelle tout un monde de gens silencieux et frustrés s'est...
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