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Culture - Exposition

« Compositions », le Paris-Beyrouth de Daniele Balice au MAS

De retour pour la deuxième année consécutive au MAS* avec une nouvelle cuvée d'artistes de sa galerie parisienne éponyme (Balice-Hertling), Daniele Balice, tombé sous le charme du pays du Cèdre, assure vouloir participer à l'élaboration de plus amples liens entre les scènes contemporaines parisienne et beyrouthine.

Une vue d’une salle mariant les ready-made d’Eloise Hawser et les tableaux de velours d’Isabelle Cornaro.

Il y a un an, Daniele Balice exposait, en partenariat avec la célèbre galerie de design Nilufar de Milan, une sélection de ses artistes maison au Metropolitan Art Society à Beyrouth (MAS). Le revoilà qui revient à Beyrouth en solo cette fois avec un florilège d'œuvres d'artistes européens émergents qu'il promeut, ainsi que des collaborations d'amis (styliste et photographe) de sa galerie. Le galeriste italo-parisien de la rue Ramponeau (Belleville) – reconnu dans le milieu pour son rôle de défricheur de talents internationaux – a conçu cette fois une exposition d'esprit très «Paris-Beyrouth». Intitulée «Compositions», elle réunit des œuvres de plasticiens aux médiums et styles divers qu'il a tenu à accompagner du «design-art» de Karen Chekerdjian. Plus précisément de quelques-uns des «meubles-œuvres» de la talentueuse designer libanaise réalisés dans le cadre du projet «Trans/Form» récemment présenté au BAC Design ainsi que dans nos colonnes
.
Des pièces de design qui se marient parfaitement avec l'art contemporain pimenté d'anticonformisme que Daniele Balice, curateur de cette exposition, offre à voir jusqu'au 28 février aux visiteurs du MAS.
Un art «jeune», la majorité de ceux qui le produisent étant nés dans la deuxième moitié des années 80, mais comptant cependant également des valeurs reconnues. À l'instar d'Isabelle Cornaro, plasticienne française née, elle, en 1974, dont certaines œuvres ont été acquises par le Centre Pompidou à Paris. Et qui explore inlassablement, à partir d'un très large spectre de matières et de médias, la notion de paysage et, par-delà, celle de construction de l'espace. Une quête stylistique formulée notamment au moyen d'une série de tableaux sans peinture composés uniquement d'assemblages géométriques de panneaux de velours, dévoilés en avant-première dans cette exposition beyrouthine.

Autre artiste vedette de la galerie Balice-Hertling présenté dans cette cuvée à Beyrouth : Neil Beloufa. À 30 ans à peine, ce titulaire du Audi Talent Award de 2011 a déjà à son actif des expositions prestigieuses au MoMa de New York et à l'ICA (Institut d'art contemporain) de Londres, entre autres. Son travail, qui joue sur les registres de l'ambiguïté et de la narration visuelle, prend ici la forme de trois pièces sculpturales en mousse, pigments et fer intitulées «Secured Wall» et évoquant les portes blindées.
Autre tête de proue de la galerie parisienne: Alexander May, qui avait précédemment exposé au MAS quelques-unes de ses œuvres traitant «d'autres formes du langage», revient cette fois avec deux très grandes compositions abstraites (dityque et triptyque) réalisées avec des matières non conventionnelles, telles que la peinture de carrosserie automobile appliquée sur papier linoléum caoutchouc collé sur panneaux de bois.

Marqueterie et surréalisme
Belle découverte de cette sélection, le travail de Camille Blatrix – qui a obtenu le prix Ricard 2014 – intrigue et séduit par son mélange de contrôle pointilleux, de narration mystérieuse et de surréelle fantaisie. Un travail d'artiste-artisan qui, «dans une prise de position conceptuelle», réalise lui-même de A à Z ses tableaux en marqueterie moderne et minimaliste (incluant des objets en argent et formes métalliques) revisitée à la sauce Magritte.

Se situant dans la mouvance totalement opposée, l'Anglo-Allemande Eloise Hawser se réapproprie, elle, le ready-made de Marcel Duchamp, avec des œuvres réalisées sans sa contribution minimale. À l'instar de cette sculpture en mousse accordéon exécutée par une imprimante 3D, ou encore de ces radiateurs de moteurs automobile déjà industriellement compressés en cubes. On est loin ici du vrai travail de Michel Basbous sur les «radiateurs» dans les années soixante-dix!
Plus difficiles à appréhender, les sculptures-appliques en laiton soudé à l'argent de Tarik Kiswanson, jeune diplômé de l'École nationale supérieure des beaux-arts, peuvent laisser dubitatifs. Tandis que les toiles de la benjamine de ce groupe d'artistes, Julie Beaufils, expriment l'intérêt renouvelé de la nouvelle génération pour la figuration. Mais une figuration aux configurations et limites éclatées.

Enfin, «pour ramener à Beyrouth l'énergie de (sa) galerie», Daniele Balice présente, parallèlement à ses artistes, des images et illustrations de deux «amis et collaborateurs» à savoir, Olivier Zahm, photographe et fondateur du magazine Purple, et Cedric Rivrain, illustrateur de mode. Le premier dans des photos en noir et blanc, le second dans des dessins, des portraits d'une extrême délicatesse, chacun à sa façon retranscrit, en effet, ce mélange de rêverie utopique, d'esthétisme, d'abstraction, de poésie et de glamour qui gravite autour de l'espace du 44 de la rue Ramponeau.

*Achrafieh, rue Trabaud. Horaires d'ouverture : de mardi à samedi, de 11h à 19h. Tél. : 70/366969.

Il y a un an, Daniele Balice exposait, en partenariat avec la célèbre galerie de design Nilufar de Milan, une sélection de ses artistes maison au Metropolitan Art Society à Beyrouth (MAS). Le revoilà qui revient à Beyrouth en solo cette fois avec un florilège d'œuvres d'artistes européens émergents qu'il promeut, ainsi que des collaborations d'amis (styliste et photographe) de sa galerie. Le galeriste italo-parisien de la rue Ramponeau (Belleville) – reconnu dans le milieu pour son rôle de défricheur de talents internationaux – a conçu cette fois une exposition d'esprit très «Paris-Beyrouth». Intitulée «Compositions», elle réunit des œuvres de plasticiens aux médiums et styles divers qu'il a tenu à accompagner du «design-art» de Karen Chekerdjian. Plus précisément de quelques-uns des «meubles-œuvres» de...
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