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Liban - Justice

Fayçal Salman rappelle le credo de Hariri : « Le Liban ne peut être gouverné par la Syrie ni contre la Syrie »

Reprise hier des audiences devant le Tribunal spécial pour le Liban.

C'est par une image frappante que Fayçal Salman, journaliste et conseiller en communication à la Future TV, a décrit devant les juges hier le dernier passage de Rafic Hariri au Café de l'Étoile, peu avant l'énorme explosion qui devait le tuer près de l'hôtel Saint-Georges, en février 2005.
Second témoin « politique » après le député Marwan Hamadé à être sollicité par l'accusation au sein du Tribunal spécial pour le Liban, le journaliste a raconté la scène – quasi théâtrale, mais chargée de symbolisme politique – de l'entrée de l'ancien Premier ministre au Café de l'Étoile, dernière étape avant le moment fatidique. Au café, l'attendaient M. Salman et deux autres journalistes, Mohammad Choukeir et Walid Choukeir, ainsi que le chargé en communication de l'Onu à l'époque, Nagib Friji.
« Dès qu'il nous a vus, il a pointé un doigt vers moi et Mohammad Choukeir, en disant : "Là sont assis les supporters de Taëf". Et là-bas, pointant vers Nagib Friji et Walid Choukeir, les partisans de la résolution 1559. "Moi je choisis une position médiane entre les deux textes". »
« Une fois assis sur une table qui avait effectivement été choisie au centre du café, il a ajouté : "J'ai bien peur d'avoir choisi l'emplacement de la 1566" », poursuit le témoin, citant encore M. Hariri. « Par la suite, nous avons compris que la 1566 était la résolution relative au terrorisme. »
Autre phrase-clé formulée ce jour-là au Café de l'Étoile par l'ancien Premier ministre : « Le Liban ne peut être gouverné par la Syrie. Il ne peut non plus être gouverné contre la Syrie. »
« Rafic Hariri voulait envoyer à travers nous un message clair, à savoir d'une part, qu'un conflit avec la Syrie ne profite pas au Liban et d'autre part que le régime syrien n'a pas besoin de la présence d'une armée au Liban pour se protéger. Qu'il peut compter sur des personnalités politiques pour le protéger », poursuit le témoin.
La discussion a également porté sur l'échéance électorale à venir et sur la loi qui était à l'époque débattue au Parlement à cette fin. « Il savait pertinemment que cette loi était conçue pour l'affaiblir », poursuit le journaliste. Ce dernier devait également apprendre ce jour-là « pour la première fois », que Rafic Hariri avait décidé de refuser sur ses listes électorales tout candidat qui lui serait imposé par les Syriens.
Après le départ de l'ancien Premier ministre du café, quelques minutes plus tard, une énorme explosion secouait les lieux, brisant les vitres du bâtiment où se trouvaient encore ceux qui venaient de recueillir les derniers propos politiques de Rafic Hariri. M. Salman, qui faisait partie du club restreint de journalistes devenus très proches de l'ancien Premier ministre, décrit le climat sécuritaire qui avait précédé l'assassinat de Rafic Hariri. Il évoque ainsi le renforcement des mesures de sécurité durant les deux derniers mois surtout et la multiplication des patrouilles autour de Koraytem. À ce propos, il relate comment Abou Tarek, le responsable de la sécurité de l'ancien chef de gouvernement, est entré un jour avec lui dans le café, pour inspecter même l'étage supérieur. « Une première, dit-il, car les gardes de corps de M. Hariri ne rentraient jamais avec lui auparavant » sur un lieu de rendez-vous.
M. Salman a reconstitué devant la Cour le contexte politique qui prévalait à l'époque et la polarisation extrême de la scène libanaise qui avait donné naissance à tout un courant opposé à Rafic Hariri. Sur l'insistance du juge Re qui cherchait à savoir qui étaient exactement les opposants à l'ancien Premier ministre, le témoin affirme que le pays était à l'époque « divisé en deux camps, le premier dirigé par le président de la République Émile Lahoud, comprenant Sleiman Frangié, Talal Arslane et d'autres, et le deuxième dirigé par Rafic Hariri et comprenant tout un bloc politique qui lui était acquis et des figures chrétiennes ». Une division qui a fini par exacerber la tension au sein du pays, surtout lorsqu'il a été question de proroger le mandat du président Lahoud, assure-t-il. Quant aux sujets polémiques qui alimentaient le conflit entre les deux bords, ils portaient sur l'hégémonie syrienne, les armes du Hezbollah et la vision économique, explique encore le témoin. Bien que l'ancien Premier ministre ait rejoint, politiquement parlant, les forces chrétiennes, avec à leur tête le patriarche maronite, qui réclamaient le retrait des forces syriennes et la fin de l'hégémonie de Damas au Liban, « il n'a jamais proclamé son adversité aux Syriens », insiste le journaliste.

Je. J.

C'est par une image frappante que Fayçal Salman, journaliste et conseiller en communication à la Future TV, a décrit devant les juges hier le dernier passage de Rafic Hariri au Café de l'Étoile, peu avant l'énorme explosion qui devait le tuer près de l'hôtel Saint-Georges, en février 2005.Second témoin « politique » après le député Marwan Hamadé à être sollicité par l'accusation au sein du Tribunal spécial pour le Liban, le journaliste a raconté la scène – quasi théâtrale, mais chargée de symbolisme politique – de l'entrée de l'ancien Premier ministre au Café de l'Étoile, dernière étape avant le moment fatidique. Au café, l'attendaient M. Salman et deux autres journalistes, Mohammad Choukeir et Walid Choukeir, ainsi que le chargé en communication de l'Onu à l'époque, Nagib Friji.« Dès qu'il nous...
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