Des réfugiés syriens déblayant la route devant leurs tentes dans le camp de Kab Élias, dans la Békaa. Photo AFP
Depuis hier, la tempête Zina a commencé à se résorber sur le littoral, où la pluie a pratiquement cessé, mais les températures sont restées basses avec un froid polaire. La tempête se poursuivra toutefois sur les hauteurs jusqu'à aujourd'hui, où elle devra se résorber à partir de midi, bien que la neige pourrait continuer à tomber à partir de 500 mètres d'altitude.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, la tempête a charrié son lot de malheurs. Dans le village de Bebnine, au Akkar, une fillette de deux mois et demi, Salam Bourghol, est morte d'hypothermie. Selon le médecin qui l'avait auscultée, le nourrisson serait mort « d'un arrêt cardiaque ». « Cela pourrait être dû au froid et aux températures basses, mais nous ne pouvons pas trancher d'une manière scientifique », a-t-il confié à l'Agence nationale d'information. Selon les parents de la fillette, « cette dernière a toujours été en bonne santé et elle est décédée brusquement », a ajouté le médecin.
Dans la nuit de jeudi également, Zina n'a pas manqué d'apporter aussi son lot de dégâts, ceux-ci étant survenus dans les différentes régions du pays. Hier soir, certains villages étaient encore totalement isolés par la neige, les tracteurs ayant des difficultés à les atteindre. Les habitants de certaines de ces localités, notamment à Chebaa au Liban-Sud et dans le Akkar au Liban-Nord, encerclés par la neige, ont déploré « les mesures inadéquates prises » par les ministères concernés face à l'ampleur de la tempête, appelant à accélérer les travaux de déblayage.
Le vice-président du conseil municipal de Hrar, dans le Akkar, Ahmad Antar, a ainsi appelé le ministre des Travaux publics à « envoyer un plus grand nombre de tracteurs au Jurd al-Kaitah pour aider à déblayer les routes principales et secondaires ». Soulignant que « de nombreuses localités ont été complètement isolées », Ahmad Antar a noté que « la neige a imposé un couvre-feu aux habitants de ces villages qui n'ont pas pu quitter leur maison pour s'approvisionner en pain, mazout et autres produits nécessaires ». Il a mis en garde contre « une catastrophe, si les autorités concernées ne s'appliquent pas à rouvrir les routes rapidement, d'autant que les régions isolées accueillent des milliers de familles syriennes réfugiées au Liban, ce qui augmente le fardeau pour les habitants de ces villages, sachant que le courant est coupé depuis trois jours consécutifs », a encore insisté Ahmad Antar.
La neige a frôlé la côte...
Au Akkar, la neige a frôlé les côtes. Il s'agit d'un paysage que les habitants du caza n'ont pas vu depuis au moins soixante ans. Dès l'aube, et jusqu'en début de soirée, les tracteurs des municipalités et de la Défense civile œuvraient à déblayer les routes. Les villages situés à 600 mètres d'altitude étaient accessibles. La tempête a également causé l'effondrement du toit du club sportif de Machha ainsi que celui d'une ferme de volailles, causant la mort d'un grand nombre de poules.
À Halba, dans le caza du Akkar, la tempête a causé de graves pertes dans les récoltes, d'autant que les serres ont été complètement détruites. Le président du conseil municipal de la localité, Saïd Charif el-Halabi, a appelé « les responsables au Haut Comité de secours à recenser les dégâts et dédommager les personnes lésées ».
À Bécharré, les routes étaient accessibles aux véhicules 4x4 et aux voitures équipées de chaînes.
Même paysage à Bkaasafrine-Denniyé et Bkarsouna (Akkar), où la neige d'une épaisseur de 65 cm a coupé les routes, mais aussi dans les villages de Zghorta où des dégâts ont également été causés aux plantations. Le vent fort a également déraciné des arbres et des panneaux publicitaires, comme il a détruit les maisons en bois dans les fermes et coupé les câbles électriques.
La neige a aussi bloqué les routes de Dahr el-Baïdar-Tarchiche, Majdel Tarchiche-Zahlé, Sannine-Zahlé, Rachaya el-Wadi, Bhamdoun, Baskinta, ainsi que les routes de Laklouk-Kartaba, Lehfed Mechmech, Jurd Marbine-Hermel, Mdeirej, Chtaura, Hadath el-Jebbé, Chebaa, Arkoub et de nombreux autres villages.
Fermeture des écoles et des garderies
Le même paysage blanc se répétait d'une région à une autre. À Tannourine et à Ehmej, les routes étaient hier accessibles uniquement aux voitures équipées de chaînes.
À Baalbeck, le courant électrique était toujours coupé hier en matinée, pour la troisième journée consécutive. Et à Dahr el-Baïdar, les forces de sécurité ont coupé la route dans l'après-midi en raison du verglas.
Au Liban-Sud, les pluies ont inondé de nombreux négoces à Cana. La tempête a également détruit les plantations et les serres, et inondé les champs d'agrumes de la localité. À Tyr, les bateaux des pêcheurs ont eux aussi été endommagés.
Par ailleurs, le ministre de l'Éducation, Élias Bou Saab, a annoncé hier à l'issue du Conseil des ministres que les écoles resteront fermées jusqu'à lundi en raison de la tempête. Il a de même mis en garde les établissements qui ne se conforment pas à cette décision « des conséquences d'une pareille mesure ». Enfin, le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, a annoncé que les garderies resteront fermées demain vendredi.


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