Michel Houellebecq, l'un des écrivains français les plus provocateurs, imagine avec son nouveau roman, "Soumission", une élection à la tête de l'État du candidat d'un parti musulman. AFP PHOTO/MIGUEL MEDINA
L'écrivain Michel Houellebecq, un des auteurs français les plus connus dans le monde, a reconnu samedi "jouer sur la peur" dans son roman "Soumission", mais se défend de toute "provocation" ou "satire" dans cette politique-fiction où le chef d'un parti musulman prend le pouvoir en France : c'est une "accélération de l'Histoire", dit-il dans une interview à Paris Review.
"Je procède à une accélération de l'Histoire mais, non, je ne peux pas dire que c'est une provocation dans la mesure où je ne dis pas de choses que je pense foncièrement fausses, juste pour énerver. Je condense une évolution à mon avis vraisemblable", assure l’écrivain familier des polémiques dans cette longue interview menée par le journaliste de France Culture Sylvain Bourmeau, parue samedi en anglais dans la revue littéraire trimestrielle américaine. Il s'agit du premier entretien accordé par l'auteur au sujet de "Soumission", son 6e roman à paraître mercredi chez Flammarion.
A supposer que "les musulmans réussissent à s'entendre entre eux (...), cela prendrait certainement des dizaines d'années" pour qu'ils accèdent au pouvoir en France, concède l'auteur.
Ayant longtemps vécu en Irlande, Houellebecq se dit frappé "des énormes changements" constatés en France et en Occident. "C'est l'une des raisons qui m'ont conduit à écrire" ce livre, explique-t-il.
Ce livre est-il une satire ? "Non. Très partiellement, c'est une satire des journalistes politiques tout au plus, un petit peu des hommes politiques aussi à vrai dire. Les personnages principaux, non."
Mais, Houellebecq reconnaît jouer sur la peur. "J'utilise le fait de faire peur. En fait, on ne sait pas bien de quoi on a peur, si c'est des identitaires (ndlr, extrême droite) ou des musulmans. Tout reste dans l'ombre."
"J'ai essayé de me mettre à la place d'un musulman, et je me suis rendu compte qu'ils étaient en réalité dans une situation totalement schizophrénique", poursuit Houellebecq. "Que peut bien faire un musulman qui veut voter ? Il n'est pas représenté du tout. Il serait faux de dire que c'est une religion qui n'a pas de conséquences politiques (...). Donc, à mon avis un parti musulman est une idée qui s'impose", estime-t-il.
Ouvrage de politique-fiction, "Soumission" - traduction du mot "islam" qui signifie allégeance à Dieu - joue sur les craintes d'une société en crise en dépeignant une France où, en 2022, l'alternative politique se résume à d'un côté l'extrême droite et de l'autre un pouvoir religieux musulman. Dans le récit, à la fin du deuxième mandat de François Hollande, Mohammed Ben Abbes, chef de file de la "Fraternité musulmane", remporte la course à la présidence face au Front national, grâce à une alliance avec des partis de gauche et de droite. Dans la foulée, le pays s'en trouve bouleversé, tout comme le narrateur, professeur à la Sorbonne devenue "université islamique".
Michel Houellebecq, 56 ans, enfant terrible de la littérature française, n'en est pas à sa première controverse liée à l'islam, deuxième religion de France avec trois à quatre millions de fidèles selon les estimations. En 2001, il avait déclenché un énorme scandale en déclarant dans un entretien, tronqué selon lui : "La religion la plus con, c'est quand même l'islam".
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CE N'EST PAS DE LA SCIENCE FICTION ! TOUT EST POSSIBLE... AVEC LES ABRUTIS OCCIDENTAUX ! PAS SEULEMENT EN FRANCE...
13 h 05, le 05 janvier 2015