Le nouveau soutien de l’État russe est prévu pour début 2015 et chiffré à 1 000 milliards de roubles (16,8 milliards de dollars). Ses bénéficiaires doivent être connus d’ici à la mi-janvier-2015. Alexander Nemenov/AFP
Entre les sanctions occidentales liées à la crise ukrainienne et l'effondrement du rouble, les banques russes abordent 2015 extrêmement fragilisées et l'État russe s'empresse de les renflouer pour les préparer à ce qui s'annonce comme une dure récession.
Dans les dernières heures d'une année qui aura vu le rouble perdre 41 % de sa valeur par rapport au dollar et la Russie s'isoler comme rarement depuis la chute de l'URSS, le gouvernement russe a recapitalisé coup sur coup les numéros deux et trois du secteur bancaire, VTB et Gazprombank.
Ces injections, prévues, précèdent un vaste renflouement du système financier mis sur pied d'urgence pour contrer les effets de la crise monétaire sur les comptes des établissements bancaires.
L'AFP rapporte que le nouveau soutien de l'État est prévu pour début 2015 et chiffré à 1 000 milliards de roubles (16,8 milliards de dollars). Ses bénéficiaires doivent être connus d'ici à la mi-janvier-2015.
D'ores et déjà, VTB s'est vu verser mardi 100 milliards de roubles (1,6 milliard de dollars) et doit recevoir au premier trimestre 150 milliards de roubles supplémentaires (2,5 milliards de dollars).
Gazprombank, établissement créé par le gazier Gazprom en 1990 pour financer la production d'hydrocarbures devenu une banque généraliste complète avec quatre millions de clients, est de son côté recapitalisée à hauteur de 40 milliards de roubles (673 millions de dollars).
Ces deux groupes bancaires avaient été au cours de l'été ajoutées à la liste noire des entreprises sanctionnées par les États-Unis pour l'annexion de la Crimée par la Russie et son rôle dans le conflit dans l'est de l'Ukraine qui a fait plus de 4 700 morts.
Hémorragie
Le soutien du secteur financier s'annonce indispensable pour traverser 2015 : les autorités russes ont d'ores et déjà prévenu que le produit intérieur brut pourrait chuter de plus de 4 %, après une croissance évaluée pour 2014 à 0,6 %, et aucune reprise n'est prévue avant 2017. Les recettes budgétaires sont plombées par la chute des cours du pétrole et le déficit pourrait dépasser 3 % du PIB en 2015 après plusieurs années d'équilibre.
Renforcer les banques est devenu plus que jamais nécessaire vu le plongeon subi par le rouble à la mi-décembre, d'une violence plus vue depuis le placement de la Russie en défaut de paiement en 1998.
Si la monnaie russe s'est reprise depuis, le prix de cette crise monétaire est lourd pour le secteur, jugé vulnérable avec plus de 800 établissements hérités des années postsoviétiques.
Déjà en manque de carburant, le secteur financier a dû faire face à une hémorragie de la part des déposants lorsque le rouble s'effondrait à vue d'œil. Les Russes ont converti en masse des roubles en devises étrangères (pour 30 milliards de dollars au total sur l'année selon le ministre de l'Économie). Pire : ils se sont mis à retirer leurs roubles pour les conserver en liquide, de peur d'un effondrement du système, comme dans les années 1990.
Signe de la violence du phénomène, la Banque centrale a dû mettre sous tutelle d'urgence une grosse banque, Trust, et la renflouer à hauteur de 127 milliards de roubles (1,8 milliard d'euros), ce qui en fait le second plus gros sauvetage bancaire de la Russie postsoviétique.


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