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Nos lecteurs ont la parole - Leila Boutros Dahdah

À la recherche d’un père de la nation

Votre armée se fait assassiner, vos soldats se font décapiter, les chefs de nos partis disent bien fort : « Nous appuyons l'armée. » Pour certains, c'est vrai, pour d'autres, l'évidence dit que non. Que lit-on en grands titres et en première page de notre unique journal francophone ? Notre ministre de l'Intérieur, oui, M. Machnouk lui-même, nous assène : « La fermeté paie » ! Mais la fermeté contre qui, Monsieur le Responsable ?
Les parents de nos soldats sont agressés à coups de jets d'eau, blessés, emmenés à l'hôpital, chassés de la rue parce qu'ils sont désespérés, parce qu ils savent bien, eux aussi, qu' ils ne peuvent pas compter sur vous tous pour les sauver et sauver leurs enfants d'un suspense insoutenable, inhumain .
La fermeté paie contre qui, Monsieur le Responsable ? Contre les parents de nos soldats, nos soldats que l'on envoie nous protéger et protéger nos frontières contre des terroristes, sans qu'ils ne soient eux-mêmes protégés par une décision commune et solidaire de vous tous, Messieurs les Politiciens ? Au lieu de quoi on laisse nos jeunes soldats se faire décapiter parce que tout simplement certains d'entre vous ont nié et crié au scandale confessionnel et aux droits de l'homme (sic!) quand il fallait faire front commun et empêcher ces étrangers, dont des terroristes armés, rentrer dans notre pays ?
Si vous tous, chefs de parti et politiciens, voulez vraiment préserver notre armée du désespoir et d'un effritement certain, si la sauvegarde de notre armée fait partie de vos plans et le peuple d'une seconde famine, la seule fermeté qui payerait, messieurs, serait celle que vous vous infligeriez a vous-mêmes d'abord. Parce que voir certains d entre vous dans les restaurants et à l'inauguration de boîtes de nuit, comme si rien de grave ne se passait en ces moments précis où nos soldats se font décapiter, est à nos yeux pour le moins choquant. Vos enfants, nos enfants nous sont précieux; les leur aussi.
Les automobilistes se plaignent des embouteillages? Assumez vos responsabilités et régler ce problème. Nous n'avons pas le droit, nous citoyens, de nous plaindre pour si peu ; nous avons le devoir d'être solidaires d'eux et de descendre dans la rue pour les épauler. Qu'attendent les partis pour le faire ?
La morale de l'histoire, messieurs, c'est qu'il n'y a plus de morale – et l'exemple vient d'en haut. « L'union fait la force », dit-on. Et c'est tellement vrai. Créer une nation ou l'empêcher de s'effriter, c'est aussi et surtout l'unir autour de valeurs sûres.
Le Liban a en fait besoin d'un père de la nation, non pas d'un autre politicien, comme président.

Leila Boutros DAHDAH

Votre armée se fait assassiner, vos soldats se font décapiter, les chefs de nos partis disent bien fort : « Nous appuyons l'armée. » Pour certains, c'est vrai, pour d'autres, l'évidence dit que non. Que lit-on en grands titres et en première page de notre unique journal francophone ? Notre ministre de l'Intérieur, oui, M. Machnouk lui-même, nous assène : « La fermeté paie » ! Mais la fermeté contre qui, Monsieur le Responsable ?Les parents de nos soldats sont agressés à coups de jets d'eau, blessés, emmenés à l'hôpital, chassés de la rue parce qu'ils sont désespérés, parce qu ils savent bien, eux aussi, qu' ils ne peuvent pas compter sur vous tous pour les sauver et sauver leurs enfants d'un suspense insoutenable, inhumain .La fermeté paie contre qui, Monsieur le Responsable ? Contre les parents de nos...
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