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Moyen Orient et Monde - Les lettres de Jacqueline A.

À l’attention des écoliers de Peshawar, Chibok, Beslan...

Chers enfants qui avez échappé à mes dictées, à Peshawar, Rada, Chibok, Beslan ou ailleurs. Chers enfants...

Hier matin, ma fille – j'ai une fille, une grande fille, elle est avocate – m'a préparé mon petit déjeuner. Quand je suis arrivée dans la cuisine, elle était déjà là. Dans son regard, il y avait un trait d'inquiétude. Vous savez, comme quand quelqu'un vous regarde avec un point d'interrogation dans les yeux. Mon thé était en train d'infuser, elle finissait de tartiner une tranche de pain de confiture de mûres.

Je dois vous dire, les enfants, que, généralement, c'est plutôt moi qui prépare le petit déjeuner de ma fille. Hier matin, elle voulait me faire plaisir. Je pense qu'elle m'avait vu essuyer une larme, la veille, devant les informations du soir.

Avant d'être avocate, ma fille a été écolière, comme vous. Et ça n'a pas toujours été facile. Non seulement parce qu'elle n'a jamais réussi à calculer à quelle heure allaient se croiser le train partant de Jounieh et celui partant de Beyrouth – oui, il y avait un train au Liban quand j'avais votre âge. Mais aussi parce qu'elle était écolière dans un pays en guerre.

Ce matin, elle a traîné au petit déjeuner. Quand elle est partie – en retard d'ailleurs, j'espère que son patron de l'a pas houspillée –, j'ai eu une bouffée d'émotion. De gratitude plutôt. Pour qui ? Je ne sais pas. Mais une bouffée de gratitude pour le simple fait qu'elle soit toujours rentrée à la maison. Avec son cartable, ses devoirs, ses punitions, ses étoiles, le sourire, ou pas, les genoux égratignés ou la natte de travers. Elle rentrait. Elle est toujours rentrée.

Vous savez les enfants, j'ai été enseignante, à Paris et à Beyrouth. Mais ça fait bien des années que je n'enseigne plus. J'aimais enseigner. Les index, posés sur des mots, glissant de syllabe en syllabe; les manteaux, alignés sur des crochets, et un gant, seul, toujours, par terre ; les langues tirées à la fin d'une division.

Aujourd'hui, chers enfants, où que vous soyez et si vous le voulez bien, je vous invite dans ma cuisine. J'ai fait des sablés. Aujourd'hui, chers enfants, pas de soustractions, pas de divisions. J'ai fouillé dans ma bibliothèque. J'ai retrouvé le Prince heureux. Vous connaissez ? Non ? Alors approchez-vous, oui, plus près. Je vais vous raconter une histoire.

C'est l'histoire d'un prince, un prince heureux. Mais voilà, le prince était décédé. Désormais, sa statue, magnifique statue couverte de fines feuilles d'or, avec deux saphirs brillants à la place des yeux et un gros rubis rouge sur le pommeau de son épée, dominait la ville. Une nuit, une hirondelle, amoureuse d'un grand roseau, se pose à ses pieds...

 

Lire la précédente lettre ici

 

 


Chers enfants qui avez échappé à mes dictées, à Peshawar, Rada, Chibok, Beslan ou ailleurs. Chers enfants...
Hier matin, ma fille – j'ai une fille, une grande fille, elle est avocate – m'a préparé mon petit déjeuner. Quand je suis arrivée dans la cuisine, elle était déjà là. Dans son regard, il y avait un trait d'inquiétude. Vous savez, comme quand quelqu'un vous regarde avec...

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I KHALLILNA HAL "FILLE" ! AVOCATE... MARIÉE À UN AVOCAT... CUISINE DE L'AVOCADO... ON LE SAIT DÉJÀ TOUT çA... QUOI D'AUTRE ? DONNEZ-NOUS, TRÈS CHÈRE MADAME EMILIE SUEUR, TOUT SON C.V. CAR 3AM NINDOB 7AZNA INOU MA T3IRAFNA 3ALAYHA ABL IL AVOCADO ! BONNE JOURNÉE.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

09 h 28, le 19 décembre 2014

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Commentaires (1)

  • I KHALLILNA HAL "FILLE" ! AVOCATE... MARIÉE À UN AVOCAT... CUISINE DE L'AVOCADO... ON LE SAIT DÉJÀ TOUT çA... QUOI D'AUTRE ? DONNEZ-NOUS, TRÈS CHÈRE MADAME EMILIE SUEUR, TOUT SON C.V. CAR 3AM NINDOB 7AZNA INOU MA T3IRAFNA 3ALAYHA ABL IL AVOCADO ! BONNE JOURNÉE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 28, le 19 décembre 2014

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