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Moyen Orient et Monde - Trois questions à...

« Quand on ne ressent plus de culpabilité, il n’y a plus d’humanité »

Chawki Azouri, psychanalyste et psychiatre libanais.

Chawki Azouri, psychanalyste et psychiatre libanais.

Le massacre hier par les talibans pakistanais de 141 personnes dont 132 écoliers, dans une école d'enfants de militaires, constitue la plus sanglante attaque terroriste de l'histoire du pays. Et les écoles sont de plus en plus visées par des fous prétendant agir au nom d'un dieu, d'une cause... Cibles faciles ? Volonté d'attirer l'attention ? De choquer ? Cette tragédie ne sera sûrement pas la dernière ; mais il est important de se pencher sur les raisons qui pousseraient certains (groupes ?) à franchir une ligne rouge, de plus en plus élastique. L'Orient-Le Jour a demandé à Chawki Azouri de décrypter l'horreur.

 

Les talibans disent avoir attaqué l'école pour enfants de militaires pour « faire vivre » à l'armée leur « souffrance ». Le désir de vengeance suffit-il à expliquer, ou excuser, cette folie meurtrière ?
Ce serait plutôt une excuse. Dans le désir de vengeance, on est encore dans quelque chose qui relève de la civilisation. Or on se retrouve ici dans une dynamique régressive car, avec ou sans les conventions de Genève, les valeurs – humaines – veulent qu'on ne doit pas s'attaquer aux enfants. Tout conflit voit la résurgence de nombreux tabous qui deviennent dépassés, obsolètes, comme on l'a vu lors de la guerre civile libanaise. Et lorsque l'on régresse au-delà de ces valeurs et de ces tabous qui n'en sont plus, on n'est plus humains, ce qui est le cas de ces salopards. Les gouvernements qui ne combattent pas les groupes terroristes comme les talibans et l'État islamique (EI) ne sont pas mieux qu'eux, ils sont véreux, pour le moins.

 

Pourquoi les écoles sont-elles les cibles de choix des terroristes ? Est-ce seulement pour choquer l'opinion publique, semer une terreur indicible ?
Prenons l'exemple (du groupe islamiste nigérian) Boko Haram : en enlevant plusieurs centaines de lycéennes, ils savaient qu'ils allaient déclencher un mouvement d'horreur. Quand on s'attaque aux écoles, il y a un calcul politique. La preuve, le gouvernement a fini par faire un pacte avec Boko Haram. Israël fait la même chose en arrachant quotidiennement les oliviers des Palestiniens, sans compter toutes les autres exactions : pire que de les tuer, ils leur enlèvent l'espoir et leur gagne-pain. C'est l'impact recherché. Il n'y a absolument aucune justification à l'attaque d'une école. Ceux qui commanditent et exécutent ce genre d'opération ne ressentent aucune culpabilité. Et quand on ne ressent plus de culpabilité, il n'y a plus d'humanité.

 

Qu'est-ce qui, à votre avis, touche plus : les enfants victimes de terroristes ou les décapitations (filmées) ? Les victimes, à l'inverse, d'une armée, ne sont-elles pas aussi choquantes ?
C'est la même chose, il n'y a aucune différence. Tout ce qui se fait de cet ordre est révoltant. L'utilisation de caméras et de médias par l'EI n'est pas gratuite, les jihadistes ont très bien compris le système. Mais une armée, elle, a-t-elle réellement le droit d'avoir aussi des victimes innocentes ? Quand on se trouve dans la logique de la loi du talion, on n'en sort plus, c'est un cercle vicieux. C'est une certitude que la loi du talion, c'est ce qui précède l'humanité.

 

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commentaires (1)

FAUX TITRE ! LA CULPABILITÉ EST UN SOUS PRODUIT DU SENTIMENT OU DE L'AFFECTION (SENTIMENT DANS CE CONTEXTE). ALORS IL FALLAIT DIRE : QUAND ON NE RESSENT PAS L'AFFECTION... ETC...

MON CLAIR MOT A GEAGEA CENSURE

08 h 15, le 17 décembre 2014

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Commentaires (1)

  • FAUX TITRE ! LA CULPABILITÉ EST UN SOUS PRODUIT DU SENTIMENT OU DE L'AFFECTION (SENTIMENT DANS CE CONTEXTE). ALORS IL FALLAIT DIRE : QUAND ON NE RESSENT PAS L'AFFECTION... ETC...

    MON CLAIR MOT A GEAGEA CENSURE

    08 h 15, le 17 décembre 2014

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