Le rédacteur en chef du quotidien de langue anglaise Jakarta Post en Indonésie est soupçonné de blasphème dans le cadre d'une enquête ouverte après la publication d'une caricature sur l'organisation Etat islamique (EI), a indiqué vendredi la police.
Meidyatama Suryodiningrat risque jusqu'à cinq ans de prison s'il est reconnu coupable de blasphème, un délit pour lequel d'autres personnes sont emprisonnées dans le plus grand pays musulman au monde, et jugé obsolète par les défenseurs des libertés publiques.
La caricature publiée dans l'édition du 3 juillet montre un homme exhibant un drapeau sur lequel il est inscrit en arabe "il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah", au-dessus d'une tête de mort, avec des combattants armés au sol, dont l'un pointe son arme sur des personnes ayant le visage bandé et les mains liées dans le dos.
A la suite de vives réactions de groupes islamistes, le Jakarta Post avait publié des excuses, insistant sur le fait que la caricature était une "critique de l'utilisation de symboles religieux" et un "reproche" à l'EI.
Le groupe Corps des prédicateurs musulmans de Jakarta a déposé plainte, et un porte-parole de la police a indiqué vendredi que le rédacteur en chef du journal était suspect dans le cadre de l'enquête. Des médias locaux ont rapporté que le journaliste serait convoqué la semaine prochaine pour être interrogé.
Dans une déclaration publiée sur le site du Jakarta Post, Suryodiningrat a indiqué que le journal était "stupéfait" par cette affaire. "Nous avons produit un dessin journalistique qui critique le mouvement EIIL (plus connu sous EI, ndlr) qui se livre à des violences au nom de la religion", a souligné le rédacteur en chef.
L'ONG Amnesty International avait appelé en novembre le nouveau président Joko Widodo, surnommé Jokowi, à abolir les lois sur le blasphème, observant que le nombre de personnes emprisonnées au nom de ces textes très critiqués avait "grimpé en flèche" sous le règne de son prédécesseur, au pouvoir de 2004 à octobre 2014.
Le rédacteur en chef de l'édition indonésienne du magazine Playboy, Erwin Arnada, avait été condamné à deux ans de prison en 2010 pour attentat à la pudeur, avant d'être libéré l'année suivante après un recours devant la Cour suprême.
Meidyatama Suryodiningrat risque jusqu'à cinq ans de prison s'il est reconnu coupable de blasphème, un délit pour lequel d'autres personnes sont emprisonnées dans le plus grand pays musulman au monde, et jugé obsolète par les défenseurs des libertés publiques.
La caricature publiée dans l'édition du 3 juillet montre un homme exhibant un drapeau sur lequel il est inscrit en arabe "il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah", au-dessus d'une tête de mort, avec des combattants armés au sol, dont l'un pointe son arme sur des personnes ayant le visage bandé et les mains liées dans...


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