Dans l'est de l'Ukraine, trois soldats ont été tués et huit blessés en 24 heures, premières victimes depuis le début mardi de la nouvelle trêve qui était jusqu'ici globalement respectée par l'armée et les rebelles, a annoncé hier le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko.
Selon Kiev, les séparatistes prorusses ont aussi intensifié leurs attaques contre les positions ukrainiennes. « Les rebelles ont violé la trêve à 22 reprises en 24 heures », a indiqué M. Lyssenko. « Des chars et l'artillerie ont été utilisés. Nos forces n'ont pas répondu », a-t-il affirmé. En outre, plusieurs salves d'artillerie provenant du quartier de l'aéroport de Donetsk, théâtre de violents combats disputés par les belligérants depuis des mois, ont été audibles dans cette ville dans la matinée. Quelques heures plus tard, un journaliste de l'AFP, situé dans le village de Pisky, qui sert de base aux Ukrainiens combattant à l'aéroport, a entendu des tirs d'armes lourdes. Et à l'aéroport, presque totalement détruit par les combats, les positions ukrainiennes essuyaient des tirs à l'arme à feu. Mais les soldats ukrainiens ne ripostaient pas. Ces incidents renforcent les doutes sur la durabilité de cette nouvelle trêve, la quatrième en huit mois, alors que les précédents cessez-le-feu n'ont permis qu'une baisse temporaire de l'intensité des combats. « Cela ressemble au calme avant la tempête, quelque chose est en train de se préparer », a estimé Volodymyr, un des soldats ukrainiens.
La Suède inquiète
Les rebelles de leur côté ont affiché un certain optimisme. Un responsable séparatiste, Denis Pouchiline, a affirmé que les forces ukrainiennes avaient violé la trêve à cinq reprises en 24 heures et qu'il s'agissait uniquement d'armes à feu et non plus de bombardements. « C'est une tendance positive par rapport à ce qu'on avait avant », s'est-il réjoui.
Par ailleurs, le Premier ministre Arseni Iatseniouk a appelé à une conférence internationale de donateurs pour éviter un défaut de paiement du pays, dont l'économie est en très grande difficulté. Le Fonds monétaire international (FMI) avait chiffré en novembre à 19 milliards de dollars les fonds supplémentaires nécessaires en 2015, en plus des 27 milliards de dollars d'aide internationale déjà promis. Et signe des tensions dans la région, la Suède a réintroduit hier la possibilité d'appeler ses anciens conscrits à des exercices militaires, inquiète du « réarmement de la Russie », tandis que la Pologne a dénoncé une activité militaire russe « sans précédent » dans la Baltique.
Sur le plan diplomatique, le suspense régnait toujours sur la date de nouvelles négociations de paix, initialement attendues cette semaine à Minsk pour trouver un apaisement plus durable au conflit.

