« Objectivement parlant, je suis affaibli », a reconnu dans une interview le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à la tête du grand-duché jusqu’en 2013. Archives/Reuters
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, de nouveau dans la tourmente après la deuxième salve du scandale LuxLeaks, a affirmé hier que la lutte contre l'évasion fiscale était une « nécessité absolue ».
Plusieurs grands médias ont publié mardi soir de nouvelles révélations sur le système massif d'optimisation fiscale mis en place au Luxembourg lorsque M. Juncker était Premier ministre. « LuxLeaks2 » vise notamment les groupes américains Skype, Walt Disney et Koch Industries des frères ultraconservateurs Koch.
Ce rebondissement est intervenu quelques heures avant la prestation de serment solennelle de l'ensemble de la Commission Juncker, qui a eu lieu hier après-midi devant la Cour de justice européenne... à Luxembourg. Les membres de la Commission doivent s'engager à « exercer leurs responsabilités en totale indépendance et dans l'intérêt général de l'Union ».
Il se défend en rappelant que 22 des 28 pays de l'UE pratiquent le « tax ruling », le rescrit fiscal qui permet à une entreprise multinationale de demander à l'avance à un pays comment sa situation fiscale sera traitée, dans un but d'optimisation fiscale.
« LuxLeaks2 » dénonce 35 nouvelles sociétés, parmi lesquelles Skype, Walt Disney, Koch Industries, mais aussi le canadien Bombardier ou Telecom Italia. Ces « rulings » ont été conclus entre 2003 et 2011.
Le gouvernement luxembourgeois a réagi en assurant « soutenir » la volonté de la Commission européenne de présenter rapidement un projet de directive sur l'échange automatique d'informations en matière de « tax rulings ».

