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Lifestyle - Art De Vivre - Anniversaire

Mathias à Beyrouth pour les 250 ans de Baccarat

Tandis que la maison Baccarat célébrait ses 250 ans d'existence, notamment à travers une sublime exposition au Petit Palais à Paris, les établissements Manasseh qui ont fait de Baccarat l'antonomase du cristal à Beyrouth donnaient début décembre, villa Sursock, une réception prestigieuse en présence de Mathias, le créateur de la collection Mille Nuits. Rencontre.

Établie en 1935 sur la place beyrouthine, la maison Manasseh, spécialiste du haut de gamme des arts de la table, n'a jamais traité le luxe au rabais. Représentante dès ses débuts de la cristallerie Baccarat, c'est en véritable membre de la grande famille de cette entreprise qui concentre les meilleurs ouvriers de France qu'elle a célébré à Beyrouth les 250 ans de la marque. Ce soir de décembre, la villa Sursock, maison patricienne de style ottoman nichée dans l'un des plus beaux quartiers de Beyrouth, servait d'écrin à une scénographie raffinée orchestrée par Alain Hadifé sur le mode d'un sortilège de lumières et de transparences. Représentant la maison Baccarat, le designer Mathias avait fait le déplacement jusqu'à Beyrouth. Il avait mis pour l'occasion un costume trois pièces de Dries Van Noten, véritable camouflage urbain qui lui permettait de se fondre dans le décor et l'associait d'un même geste à la transparence et aux reflets des myriades de cristaux qui illuminaient les lieux, relayant de leurs feux un éclairage volontairement tamisé.


Cette lumière particulièrement douce est d'ailleurs une des innovations de Mathias pour Baccarat. Enlevé presque de force à ses innombrables admiratrices de l'heure, celui-ci nous a confié avoir créé avec l'aide d'Osram une nouvelle technologie d'éclairage à très basse tension destinée à mettre en valeur les reliefs et la luminosité du cristal qu'un excès de lumière tend à éclipser. Cet esthète qui se dit volontiers autodidacte est visiblement fasciné par la ville qui le reçoit ce soir-là et qu'il trouve déroutante avec ses contrastes et les nombreuses couches qui la sous-tendent. Il nous confie que la fabuleuse collection « Mille Nuits », créée en 1999 après trois ans de recherches, notamment pour les lustres, s'inspire de sa petite enfance au Maroc et de la passion de la grand-mère qui l'a élevé pour l'Orient. Une grand-mère fantasque, épouse d'un officier de l'armée française qu'elle accompagna dans ses diverses affectations, notamment en Syrie et en Turquie. Elle adorait son intérieur, raconte-t-il, et tout ce qui brille, les miroirs et les bijoux. Ces « Mille Nuits » sont évidemment issues des Mille et Une Nuits et d'une déclaration d'amour secrète pour cette femme qui a tracé son univers esthétique. Chaque objet de cette collection rappelle le scintillement d'une étoile et les éclats d'une fête légendaire.


Tandis que le champagne coulait en cascades et que les invités défilaient de salle en salle pour découvrir les innombrables éléments de cette collection maîtresse ainsi que d'autres créations Baccarat mises en scène au cœur d'un féérique éclairage aux chandelles, Mathias, aussi grand conteur que créateur, retraçait son parcours atypique, de l'engouement inattendu de New York pour son travail, grâce à une « buyer » de Bergdorf Goodman's, et le désamour tout aussi brutal subi au lendemain de la première guerre du Golfe. « J'ai tout compris en voyant une acheteuse retourner un de mes objets exposé dans un corner idéal du grand magasin, et faire une moue de dégoût en s'exclamant : Made in France ! » raconte-t-il en souriant. Car il est ainsi Mathias, les épreuves de la vie le font sourire comme autant de chicanes sur le chemin d'une aventure passionnante, et pour qui aucune déception ne résiste à un air de la Callas ou un roman de Marguerite Yourcenar.

Cette « pêche » rejaillit dans tout ce qui se dégage de ses travaux, qu'il s'agisse de ses collaborations avec Baccarat, dont la première, intitulée « Rencontre », a jailli, comme son nom l'indique, de sa rencontre avec la cristallerie en 1996 et s'est traduite en dix pièces d'exception exposées dans le monde entier. Mais l'œuvre de Mathias ne se limite pas au cristal. Il avoue un amour inconditionnel, et sans doute « grand-maternel », pour les parfums, fragrances qu'il fait composer à Grasse et qui rencontrent un succès inouï sous toutes leurs formes, qu'il s'agisse de parfums pour le corps ou d'ambiance. Magnifique parcours depuis ses débuts, en 1972, où il fabriquait, faubourg Saint-Antoine, sous le label « Créations Mathias », miroirs, lampes, meubles en miroir et bijoux fantaisie. Grâce à la maison Manasseh qui déploie la totalité de la collection « Mille Nuits » dans son grand corner Baccarat, on peut, à Beyrouth, acquérir un peu de la magie qui brille dans ses yeux.

Établie en 1935 sur la place beyrouthine, la maison Manasseh, spécialiste du haut de gamme des arts de la table, n'a jamais traité le luxe au rabais. Représentante dès ses débuts de la cristallerie Baccarat, c'est en véritable membre de la grande famille de cette entreprise qui concentre les meilleurs ouvriers de France qu'elle a célébré à Beyrouth les 250 ans de la marque. Ce soir de décembre, la villa Sursock, maison patricienne de style ottoman nichée dans l'un des plus beaux quartiers de Beyrouth, servait d'écrin à une scénographie raffinée orchestrée par Alain Hadifé sur le mode d'un sortilège de lumières et de transparences. Représentant la maison Baccarat, le designer Mathias avait fait le déplacement jusqu'à Beyrouth. Il avait mis pour l'occasion un costume trois pièces de Dries Van Noten, véritable...
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